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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 11:51
Les Verts de Phtalocyanine

Le pigment de phtalocyanine est un pigment organique de synthèse (POS) d’invention assez récente (1938); il est utilisé pour les couleurs froides échelonnées entre le bleu et le vert. Il donne des couleurs transparentes qui teintent le papier ; il ne permet donc pas beaucoup de repentirs. Très résistant à la lumière, il a supplanté certains pigments traditionnels transparents mais les pigments minéraux de synthèse (PMS), qui ont des propriétés différentes, parviennent à se maintenir (ce sera le sujet d’un prochain article).

Il existe 2 pigments pour les bleus, PB 15 et PB 16 (B pour blue), dont je ne vais pas parler et 2 autres pour les verts qui sont :

  • La phtalocyanine de cuivre chlorée (PG7)(G pour green) qui nous donne un vert émeraude très intense et froid .
    • Par exemple le Winsor green blue shade (Vert Bleu Winsor n° 719 chez Winsor et Newton).
    • Chez Schmincke, c’est le Vert Phtalo n° 519.
    • Chez Daler-Rowney, c’est le Vert Phtalo n° 361 dans la série artistes ou encore le Viridian hue n° 382 dans la série plus ordinaire (Attention hue signifie « nuance de », le vrai Viridian n’est pas à la phtalocyanine, c’est un PMS).
    • Chez Blockx, c’est le vert Blockx n° 163.
    • Chez Sennelier, PG7 n’existe pas tel quel en aquarelle.
  • La phtalocyanine de cuivre bromé (PG36) qui donne un vert un peu plus chaud.
    • Par exemple le Vert Winsor nuance jaune (n° 721 chez Winsor et Newton).
    • Le Vert Véronèse (n° 847 chez Sennelier), et le Vert Sennelier (n° 817).
    • Chez Blockx, c’est le vert Phtalo n°165.
    • Chez Schmincke, c’est le n° 514, appelé Vert Helio.
    • Chez Daler-Rowney, PG36 n’existe pas tel quel.
Les Verts de Phtalocyanine

Le Winsor green blue shade, en mélange avec le Rouge de Cadmium et très dilué donne un agréable ton de fond pour le feuillage. Il ne restera que sur les parties brillantes.Les 2 autres verts, Vert de Hooker et Vert de Vessie permanent, interviennent en glacis.

Les Verts de Phtalocyanine

Quel que soit notre fournisseur, ces différentes couleurs du PG7 étant monopigmentaires, elles devraient être prioritaires dans nos palettes car en les mélangeant avec des jaunes et des rouges, nous pouvons retrouver toutes les autres nuances de vert partant de celles là.

Nous pouvons choisir de leur donner du corps en les mélangeant avec des pigments minéraux plus opaques par exemple le jaune de Naples, comme dans l’involucre de bractées de mon anémone Marianne en tête d'article et dont la palette se trouve ci-contre. On peut au contraire vouloir garder la transparence en choisissant d'ajouter plutôt d’autres pigments organiques de synthèse jaunes et roses.

Cependant, à propos du PG36, j’avoue ne pas posséder le Vert Winsor nuance jaune et mon emploi du vert Véronèse de chez Sennelier est récent. C’est incontestablement le PG 7 qui me sert le plus en raison de sa très grande amplitude de valeur : en mélange avec des couleurs à la quinacridone, il peut donner de très légères nuances bleutées ou rosées sans du tout granuler, et en concentrant fortement les pigments on obtient aisément un vert très sombre.

Les verts « moyens » comme le vert de Hooker ou le Vert de vessie sont en fait des mélanges de pigments avec la phtalocyanine qu’il est possible de réaliser soi-même mais je dois préciser qu’ils font pourtant beaucoup d’usage sur ma palette !

Le Vert de Hooker :

A ma grande confusion, je me suis rendu compte qu’il s’agissait effectivement d’une invention de William Hooker (le père de Joseph Dalton Hooker dont j’ai parlé dans mon dernier article) et depuis le temps que j’utilise ce vert, j’avoue que je l’ignorais ! En tant qu’illustrateur de botanique, il trouvait que manquait un vert assez foncé plus chaud de nuance que le vert émeraude et il lui vint à l’idée de mélanger le Bleu de Prusse (PB 27, ferrocyanure ferrique) avec la vraie Gomme gutte qui n’existe plus. John Sell Cotman a lancé ce vert de Hooker, mais cette couleur, plus récemment devint d’abord un vert nitrosonaphtol (PG 8), avant que les fournisseurs ne décident de recourir à l’inévitable phtalocyanine.

Prenons l’exemple de Sennelier, le Vert de Hooker résulte du mélange du PG 36 avec le Jaune Sennelier clair (PY153) (Y pour yellow), qui est un jaune minéral (Dioxine de Nickel) existant sous le n° 578 de Sennelier ; c’est donc typiquement le mélange qu’on peut faire soi-même sur la palette si on a aussi le Vert Sennelier n° 817.

Chez les autres fournisseurs, ce serait trop long de détailler mais ce sont presque toujours des mélanges qu’il est possible d’obtenir et comme le temps où certains pigments s’avéraient incompatibles dans les mélanges est presque fini, et que le vert de Hooker, tel quel, est toujours trop cru à utiliser pour la végétation, on pourrait à la limite se passer de sa présence, alors que le PG7 est tout aussi basique pour nous que les trois vraies couleurs primaires.

Les Verts de Phtalocyanine

Le Vert de Hooker me sert principalement pour obtenir des verts très foncés en mélange avec du rouge ou de la Terre de Sienne brûlée, mais aussi pour ombrer des fleurs blanches : en mélange avec le magenta ou le rose permanent, comme vous voyez ci-dessus sur cette petite fleur de Pommier car ce même mélange partant du vert émeraude donnerait des tons trop bleutés. Partant du Vert de vessie permanent, par contre il devient vite trop marron, il faut bien équilibrer son dosage…

Le Vert de Vessie : (synonyme du Sap green en anglais)

Pour la petite histoire, autrefois le vert de vessie résultait du suc tiré d’un petit arbre de chez nous, le Nerprun purgatif (Rhamnus catharticus), additionné de chaux, de gomme arabique et quelquefois d’alun (source : Répertoire des couleurs d’Oberthür). Il était vendu conditionné dans de petits contenants en vessie de porc, d’où son nom.

Je le trouve, sous sa forme de Vert de vessie permanent chez Winsor et Newton (à base de PG36), très utile sur la palette tout simplement parce qu’il fait gagner du temps. Mais il ne ressemble pas au Vert de vessie traditionnel, il est trop pimpant ! Le Vert de vessie n° 819 de chez Sennelier (PB 29 + PY 153), ne contient pas de Phtalocyanine; c'est un mélange que je fais parfois à base d’Outremer français cassé de jaune. Comme l’Outremer se situe sur la roue des couleurs pas très loin des violets, cela donne un vert un peu rompu qui doit ressembler davantage au vert de vessie d’autrefois.

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Published by Claire Felloni - dans Petites leçons
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commentaires

Claude Mery 19/01/2015 23:13

Ne serait'il pas plus simple pour les fabricants de vendre des pigments purs? De cette façon, il n'y aurait pas tant de surprise lorsque l'on passe d'un fournisseur à l'autre et tout le monde parlerait la même langue.
Une autre chose me gêne assez profondément chez les fabricants: le prix délirant des couleurs. Par exemple: un godet de blanc de titane qui contient tout au plus 1 ou 2 grammes de métal est vendu plus de 3 euro quand que le même blanc est vendu chez les professionnels en pot de 15 kg pour une centaine d'euro. Et pour y avoir travaillé il y a longtemps, je sais qu'il est beaucoup plus difficile de fabriquer une peinture industrielle qu'une peinture pour artiste.

Claire Felloni 21/01/2015 08:20

Je suppose que les quantités comptent beaucoup pour le prix final d'un godet ! Il n'est pas inutile d'avoir quand même des couleurs comme le vert de Hooker ou le vert de vessie car cela fait gagner du temps au moment de préparer ses couleurs. Mais c'est important aussi de savoir s'en passer et de pouvoir les composer soi même en partant de couleurs plus basiques !

corinne 18/01/2015 11:56

Merci beaucoup pour ce bel article .

Claire Felloni 21/01/2015 08:30

Contente si cela vous a intéressée,Corinne!

monica 18/01/2015 08:02

Ces informations peuvent être reprises pour les pigments à l'huile ?

Claire Felloni 21/01/2015 08:28

Je ne pense pas, certains pigments sont très beaux en aquarelle mais ne rendent pas aussi bien en huile, et pour dire vrai je n'y connais rien en peinture à l'huile !

Laurence P 17/01/2015 21:57

Merci pour toutes ces techniques mélangeant l'arc-en-ciel se miroitant dans l'eau des fontaines.
Heureuse et belle année haute en couleurs et en tendresse.

Claire Felloni 21/01/2015 08:23

Merci Laurence et belle année colorée à toi aussi sous le soleil du Colorado !

Marianne Grundy 17/01/2015 13:46

Très interessant votre article, merci Claire1

Claire Felloni 20/01/2015 22:22

Contente de vous avoir intéressée, Marianne !