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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 17:20

Les plantes possèdent trois types de pigments qui interagissent. Ces 3 pigments sont la chlorophylle, les caroténoïdes qui se nichent dans le cytoplasme des cellules végétales dans de petits organites qu’on nomme chloroplastes et chromoplastes et les flavonoïdes qui sont dissous dans la vacuole centrale des cellules.

La chlorophylle est bien sûr le pigment qui donne au feuillage sa couleur verte, par l’effet de la photosynthèse. Elle protège la plante des rayons ultra-violets.


tussilago-farfara1.jpgLes caroténoïdes
, pigments jaunes à rouge orangé, donnent leur couleur aux pétales de  composées jaunes comme  le souci ou le tussilage, au pistil du safran, mais aussi sont révélés lors de la maturation de fruits comme la tomate, les piments ou même dans des tubercules pas du tout exposés à la lumière comme la carotte. Cet effet résulte de la transformation des chloroplastes en chromoplastes.


Les flavonoïdes,
pigments tinctoriaux jaunes (en latin flavus=jaune), sont présents dans presque toutes les plantes, modifiant parfois une couleur en lui ajoutant une composante de jaune. Le peintre botaniste sait qu’il y a peu de couleur dans le règne végétal où le jaune est totalement absent…

Les Anthocyanes :

Classées dans les Flavonoïdes et pourtant à l’opposé du jaune dans la roue des couleurs, on trouve les Anthocyanes responsables des teintes rouge, violettes et bleues des fleurs. Ce sont aussi des pigments dissous dans le suc cellulaire des plantes ; on peut voir leur effet sur les jeunes pousses d’abord rougeâtres, les feuilles rougissantes en automne, les baies comme la myrtille. Des co-pigments accentuent les teintes des anthocyanes.

Mais me direz-vous, et le bleu ? Le vrai bleu pas le violet… Notons en parallèle qu’obtenir la couleur bleue a toujours causé plus de difficultés : broyer du lapis lazuli, par exemple… et les teinturiers savent bien que sans des fermentations et l’action de l’air les couleurs telles que le Pastel ou l’Indigo ne se révèlent pas ! L’indigo n’existe pas directement dans les plantes qui servent à sa fabrication.
  

gentiana ciliata2Il semble que, même dans l’épiderme des pétales bleus, des réactions chimiques complexes soient nécessaires pour que nous n’y voyions plus que du bleu !

Une Anthocyane, la cyanidine par exemple, est sensible au pH régnant dans la cellule, elle peut donner la couleur du bleuet ou celle du coquelicot !

Voir là le dossier SagaScience du CNRS


 A la suite de réactions chimiques permettant une meilleure assimilation de l’aluminium, des pétales contenant la cyanidine prendront des nuances franchement bleues ; c’est, je crois, le fameux phénomène de l’Hortensia au pied duquel on dépose de l’ardoise pilée afin d’acidifier le sol, pour que ses fleurs virent au bleu.


Je suis intriguée par la présence fréquente d’un beau bleu azur dans la flore de l’étage alpin.  Une sorte de sélection naturelle aurait-elle privilégié cette couleur somptueuse des gentianes par exemple ? Il semble bien que la production d’anthocyanes est stimulée par l’augmentation du rayonnement ultra-violet, celui-ci est plus actif en altitude.


primula-obconica1.jpgDans mon aquarelle de Primula obconica, j’avais voulu traduire au mieux le phénomène des fleurs à la couleur d’autant plus intense que la corolle par sa position, par son âge, a reçu plus pleinement et plus longtemps les rayons du soleil.

 Les anthocyanes peuvent aussi teinter de pourpre des tiges, rendre bleuté et assombrir le vert du feuillage. Sur les parties autres que la corolle, le plus souvent, le pigment vert de la chlorophylle masque des nuances qui seraient dues aux anthocyanes et aux carotènes. Lorsqu’en automne les feuilles semblent rougir, c’est en fait que la production de chlorophylle par la photosynthèse s’amenuise, donc le vert s’efface.

Ce n’est donc pas une hérésie de ma part quand je propose d’ajouter du jaune et du rouge dans les verts toujours trop crus de notre palette ! Ils sont vraiment là, sous-jacents…


Prochain article: S'inscrire à des leçons d'aquarelle botanique en .pdf qui arriveront directement sur votre courriel... avec un suivi sur vos réalisations! 

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Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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commentaires

Russalka 04/04/2010 10:21


Toujours très passionnant et brillamment illustré de surcroît...


Claire Felloni 06/04/2010 22:19



Merci Russalka! je renvoie mes lecteurs à ton bel article sur la pivoine illustré de Besler !



eva baila 26/03/2010 08:58


c'est extraordinaire comme tu sais mettre en valeur des fleurs que l'on remarque à peine dans la nature...
"Peintre botaniste"... vous ne devez pas être nombreux...


Claire Felloni 29/03/2010 23:05


Merci Eva ! non, nous ne sommes pas des masses et probablement moins nombreux qu'en Angleterre, je pense...


Gladis 24/03/2010 16:33


merci pour cette référence passionnante à l'article du CNRS.
Bonne création !


Claire Felloni 25/03/2010 08:34


Je n'ai pas pris le temps de consulter plus avant les autres rubriques mais c'est vrai que cela m'a semblé très riche et clairement exposé!


Nicole 22/03/2010 21:38


Article passionnant et magnifiquement illustré.
On sent le talent d'une botaniste passionnée.
Amitiés.


Claire Felloni 23/03/2010 08:38


C'est vrai que la botanique et l'aquarelle sont à égalité dans mes passions! mais je ne sais pas quelle Nicole tu es; j'en connais plusieurs maintenant...


Michelle de Rigal 22/03/2010 19:59


Un grand merci Claire pour toutes ces explications, je les trouve simples et passionnantes.
C'est toujours un bonheur de lire ton blog chaque semaine.
amitiés

Michelle


Claire Felloni 23/03/2010 08:32


Merci bien Michelle; j'espère que tu trouves parfois le temps de délaisser ton piano pour prendre tes pinceaux!