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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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Pivoines de Sourches

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 09:58

J’ai peint cette aquarelle d’après mes photos prises en janvier dernier en Guadeloupe, pour me replonger dans cette atmosphère lumineuse qui nous manque en ce moment au Nord de la Loire !

L’aquarelle représente le petit canal d'accès à la mangrove.

Souvenir de la mangrove

Au Nord-est de Basse-Terre, nous avons visitée à Viard, la zone de mangrove en pilotant un pédalo muni d’un moteur pas violent du tout pour ne pas déranger les oiseaux et accompagnés d’un jeune guide en canoé, qui nous a fait découvrir ce milieu.

Les quelques photos qui suivent vous montrent certaines curiosités qu’il nous a fait découvrir

Les mangroves se développent sur les rivages du Grand et du Petit Cul-de-Sac Marin et dans certains estuaires. Du front de mer vers l’intérieur des terres, on distingue tout d’abord la mangrove du bord de mer constituée par le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), la mangrove arbustive composée de palétuviers rouges et de palétuviers noirs (Avicennia germinans) et la mangrove haute composée de palétuviers rouges et de palétuviers blancs (Laguncularia racemosa).

Les quelques photos qui suivent vous montrent certaines curiosités que Christophe nous a montrées.

Les palétuviers rouges depuis leurs branches renvoient des racines échasses pour avancer dans l'eau laiteuse de la mangrove

 

Le crabe du palétuvier (Aratus pisonii), qui avance droit.

Des huitres qui s'installent sur les racines échasses.

Les racines-échasses des palétuviers rouges avec leurs points blancs de dessalinisation

La plantule du palétuvier rouge qui s'allonge et finira par se détacher de son support et se planter naturellement sur le fond de la mangrove.

Les fleurs du palétuvier rouge (Rhizophora mangle L.)

Christophe prend par dessous une  Cassiopée, ce sont des méduses posées sur le fond qui nettoient le milieu.  
 

Pour finir voici la mangrove du bord de mer quand ses îlots s’écartent laissant plus d’eau libre.

Souvenir de la mangrove
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Published by Claire Felloni - dans Flore Jardins et Paysages
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 13:07

Mon intérêt pour la famille des Mélastomacées date d’assez longtemps avant que je puisse en admirer « pour de vrai ».

J'avais découvert l'existence d’un bel ouvrage historique sur la question, rédigé après le célèbre voyage d’Alexander von Humbolt et Aimé Bonpland en Amérique du Sud, qui dura cinq ans (1799-1804), et au cours duquel Bonpland récolta des quantités d’échantillons d’herbiers à classer dans de nouveaux genres. Parmi ces belles inconnues figuraient des Mélastomacées existant sur toute la région des Caraïbes.

Cette famille m’avait intriguée par la nervation bien reconnaissable de ses feuilles qui leur donne un aspect quadrillé presque trop régulier pour sembler naturel. Trois ou cinq nervures principales sont disposées en fuseau comme chez une monocotylédone mais en revanche les nervures secondaires nombreuses et parallèles entre elles sont assez perpendiculaires aux nervures principales. Malgré ces points communs bien typés des Mélastomacées, il en existe des quantités d’espèces, pas faciles à reconnaître entre elles et j’ai eu la chance d’en photographier quelques-unes en Guadeloupe en Janvier !

 

Tout d’abord je vais vous montrer quelques planches anciennes de ce fameux ouvrage, la «Monographie des Mélastomacées» édité entre 1818 et 1823, dont les planches furent dessinées après coup par Pierre Turpin et Pierre-Antoine Poiteau, qui tous deux connaissaient cependant ces contrées où justement ils s’étaient rencontrés.

Vous pouvez voir la qualité du travail de ces deux illustrateurs en botanique qui sont contemporains de Redouté et mériteraient d’être plus connus.

Les noms latins anciens sont différents des actuels, ce qui ne simplifie pas la tâche, heureusement pour certaines espèces, des botanistes ont travaillé à retrouver les synonymies. Quant aux noms vernaculaires ou créoles, ils sont charmants mais comme toutes ces mélastomacées sont des Kotlèt ou des Kré-kré, ce n’est pas de ce côté qu’on peut trouver de l’aide pour s’y retrouver !

 

Voici en photo Conostegia icosandra (Sw. ex Wikstr.) Urb., de son nom créole plus imagé : Bwa kotlèt, autrement dit Bois côtelette ; c’est une plante que j’ai pu voir à Basse-Terre près du Grand étang, au-dessus de Capesterre-belle-eau.

 

Dans le vol.1, t.53 de la Monographie des Mélastomacées, j’ai choisi de vous montrer Miconia floribunda (Bonpl.) DC. (autrefois : Melastoma floribundum Bonpl.).

Des Miconia, j’en ai vu plusieurs fois dans la forêt humide au centre de Basse-Terre.    

Sur mes photos, ci-dessous, ce serait plutôt Miconia mirabilis, le Bois côtelette blanc ou encore Grand cré-cré.

Kotlèt et Kré-kré: des Mélastomacées
Kotlèt et Kré-kré: des Mélastomacées

Ces mélastomacées semblent se plaire en moyenne montagne, je ne crois pas en avoir vu sur le littoral ; en montant à la Soufrière, au sortir de la zone de forêt, j’en ai repéré davantage.

Par exemple, Charianthus alpinus (Swartz) R.A. Howard, qui a droit aussi entre autres noms à ce terme de kotlèt (Kotlet, kotlèt wouj, bwa sann) ; en Guadeloupe il est surtout noté autour de la Soufrière et son nom est plus souvent Fuchsia-montagne ou encore Cré-cré rouge.

 

Un autre arbuste au pied de la Soufrière (Savane à mulets), porte lui des corymbes de fleurs jaunes, je pense qu’il s’agit de Charianthus corymbosus (Rich.) Cogn. le Cré-cré noir ou Cré-cré rouge, en créole : Kré-kré wouj, Kré-kré nwé, Kotlèt wouj.

 

Tibouchina ornata (Sw.) Baillon est un petit arbrisseau rencontré plus haut dans des zones dégagées, il est nommé communément Thym-montagne, en créole : Ten montann. Sur ses petites feuilles, des poils blancs sont bien visibles.

 

Pour finir ma série, Nepsera aquatica (Aubl.) Naud. est une plante herbacée fragile et aérienne rencontrée en forêt humide d’altitude au cœur de Basse-Terre vers le Morne Léger.

 

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Published by Claire Felloni - dans Flore
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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 18:32

J’ai cette année peint pour la collection du Château de Sourches, une grosse pivoine jaune toute ébouriffée : Paeonia « Chromatella ». C’est une pivoine arbustive à port retombant présentée comme un hybride de Paeonia lutea obtenue par Lemoine en 1928. Voici donc mon brouillon de terrain pour la fleur et pour le feuillage avec les essais de couleur comme je vous poste d’habitude.

Paeonia "Chromatella" une création de Lemoine

Paeonia "Chromatella" une création de Lemoine

Une foliole terminale de "Chromatella"

Une foliole terminale de "Chromatella"

Ceci m’a donné envie d’en connaître davantage sur l’origine de ces pivoines arbustives jaunes et en fait comme d’habitude ce n’est pas simple !

La première pivoine arbustive est introduite dans les jardins de Kew par Sir Joseph Banks au 18ème siècle mais ensuite il s’écoule un long moment avant que l’implantation s’en généralise en Europe. Au Muséum National d’Histoire naturelle, ce n’est que vers 1890 que les deux premières arbustives jaunes prendront racines ; à cette époque on les nommait Paeonia lutea et P.delavayi, mais il s’agissait probablement de 2 variétés de couleurs différentes de Paeonia delavayi . Le père Jean-Marie Delavay (1834-1895), fut un fameux missionnaire botaniste, amoureux d’une région, le Yunnan, on évalue à 1500 le nombre de nouvelles espèces qu’il recensa pour la Chine.

L’appellation Paeonia lutea ne correspond plus à grand-chose de nos jours ; elle est en fait classée comme une simple variété (var. lutea) de Peonia delavayi, la pivoine de Delavay qui elle, n’est pas toujours jaune ; elle varie du jaune à une couleur abricot et peut même être parfois d’un beau rouge sombre. Mais il semble que l’intensité des pigments jaunes de cette espèce botanique en fait un sujet de choix pour les hybrideurs.

Paeonia ludlowii

Paeonia ludlowii

Je n’ai pas encore pris de notes aquarellées sur la Pivoine de Delavay, qui existe au château de Sourches ; mais je l’ai fait pour sa cousine autrefois nommée Paeonia lutea « ludlowii ». Depuis 1997, cette Pivoine de Ludlow a été élevée au rang d’espèce ; c’est maintenant Paeonia ludlowii, la « Pivoine arbustive à grandes fleurs jaunes » pour les chinois. En 1936, Franck Ludlow en collecte des graines dans une vallée du Sud-est du Tibet.

Elle se présente comme un grand buisson qui atteint facilement 2 mètres de haut. Les fleurs sont simples, d’environ 10 cm de diamètre avec de vraies étamines au cœur et c’est une des rares pivoines à présenter plusieurs fleurs sur la même tige. Le feuillage surtout est remarquable, fourni, bien découpé et avec des pointes effilées.

Comme il est difficile d’ombrer des fleurs jaunes ! C’est vraiment une difficulté majeure pour le peintre de fleurs de représenter des corolles jaunes sur du papier blanc. J’ai tenté différents mélanges pour ombrer mon jaune de base qui est le Cadmium citron de Winsor et Newton que je trouve de loin le plus lumineux des jaunes. En glacis j’ai utilisé au cœur la New Gamboge seule puis sur les hauts de pétale l’Auréoline toute seule, ensuite un soupçon d’outremer français dans l’Auréoline, dans le New Gamboge voire dans l’Or quinacridone. Par contre la « Chromatella » est d’une jaune plus doux, le jaune de base était l’Auréoline sur le pourtour et au cœur le Cadmium citron de chez Sennelier qui est d’une nuance plus chaude que celui de Winsor et Newton.

En fait c’est le dosage du bleu et de l’eau dans les mélanges qui reste le plus important !

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Published by Claire Felloni - dans Flore Petites leçons
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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 14:26
Poc poc et autres lianes

Revenant d’un petit séjour dans l’ile de la Réunion, je ne peux résister à vous faire partager quelques une de mes photos de botanique, notamment sur le thème des lianes qui sont nombreuses et pas toutes bienvenues sur l’ile. Je n’ai pas fait le tour de toutes ces grimpeuses mais en voici une qui vous dira forcément quelque chose puisqu’il s’agit en fait d’une petite passiflore, la liane Poc-poc, (Passiflora foetida) dont le calice ressemble un peu à celui de la Nigelle et d’ailleurs le fruit également !

Ipomoea cairica
Ipomoea cairica

Une sorte de grand liseron, la liane de sept ans (Ipomoea cairica) un peu mauve grimpe ici dans les filaos, nous sommes à l’étang du Gol sur la côte ouest .

La liane corail
La liane corail

j’y ai vu également la Liane corail ou Liane antigone (Antigonon leptopus) qui malgré son aspect charmant est devenue une véritable peste sur le littoral.

La liane sultane
La liane sultane

La liane sultane, je l’ai vue dans la ravine Bernica en arrière de St Paul ; on l’appelle aussi la Rose des Bois (Meremia tuberosa) en fait un grand liseron d’un jaune très lumineux.

L'Ipomée à feuilles de lierre
L'Ipomée à feuilles de lierre

Dans la famille des Ipomées, on voit aussi parfois cette liane à fleurs vermillon dont le cornet est beaucoup plus petit, l'Ipomée à feuilles de lierre, Ipomoea hederifolia ou Ipomoea coccinea

La Margose
La Margose

Sur la côte sud j’ai vu à Grand Anse la fleur jaune de la Margose sauvage (Momordica charantia), elle n’est pas très grande, environ 5 cm de diamètre, et donne des fruits plus petits mais semblables à celle qui se cultivait autrefois

La fruit de la margose

La fruit de la margose

La liane Tindola
La liane Tindola

J’y ai noté aussi la Courge écarlate ou Tindola (Coccinia grandis) la fleur est jolie mais dommage il n’y avait pas de fruit !

La liane chouchou
La liane chouchou

Dans le rayon des Cucurbitacées, n’oublions pas surtout la liane chouchou car pendant ce séjour j’ai dégusté des gratins de chouchou délicieux !

C’est aussi la Christophine ou encore la Chayotte ( Sechium edule) et à la Réunion on la trouve souvent en peine nature grimpant dans la végétation, surtout dans le cirque de Salazie où je l’ai pris en photo en effet !

Passiflora incarnata
Passiflora incarnata

Pour finir et parce qu’il faut bien une aquarelle dans cet article, j’ai retrouvé une illustration de la Passiflore la plus répandue dans nos jardins de la métropole, Passiflora incarnata mais comme vous pouvez vous en douter dans les jardins créoles d’autres belles passiflores sont visibles ainsi que beaucoup d'autres beautés végétales qui n'existent pas dans les jardins d'Europe !

Peut-être l'objet d'un autre article!

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Published by Claire Felloni - dans Flore
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:20

Puisque c’est vraiment la saison où nous pouvons les voir tous les trois au bord des chemins, j’ai eu envie de vous parler de ces modestes plantes qui ne font pas souvent la une et qui sont très communes car elles ne craignent pas les nitrates : les Lamiers.

Moi qui aime bien détailler les fleurs à la loupe je leur ai toujours trouvé une allure amusante car elles se cachent sous un casque dont la visière rabattue cache leur intimité. Lamium vient du grec laïmos qui signifie gosier ; les abeilles soulèvent le casque et viennent fouiller au fond de ce gosier largement ouvert. La tige est de section carrée. Sur les boutons floraux, le casque bien refermé forme une perle toute ronde.

Trois lamiers

C’est le Lamier blanc (Lamium album) qui se remarque le plus car il est de plus grande taille ; quand il n’est pas en fleur, on hésite à le toucher : ses feuilles fortement dentées ressemblent à celles de l’Ortie et c’est pour cette raison qu’il se nomme aussi Ortie blanche. C’est celui qui le plus a été représenté car on se soignait avec et on le consommait dans les campagnes.

Lamium purpureum, le Lamier pourpre
Lamium purpureum, le Lamier pourpre

Le Lamier pourpre (Lamium purpureum) est le plus commun et le plus précoce, il fleurit partout dès que l’hiver marque le pas ; ses petites feuilles larges et lavées de pourpre forment une tête qui se repère presque plus vite que les fleurs.

Lamium galeobdolon, le Lamier jaune
Lamium galeobdolon, le Lamier jaune

Le Lamier jaune (Lamium galeobdolon) est un peu moins fréquent, quelques petits points rouges décorent la lèvre inférieure de la fleur ; ses feuilles sont parfois maculées de taches blanchâtres. Il aime bien les sous-bois.

J’avais figuré ces 3 lamiers ainsi que l’Ortie en comparaison pour une rubrique d’un almanach de nature de La Martinière.

J’avais figuré ces 3 lamiers ainsi que l’Ortie en comparaison pour une rubrique d’un almanach de nature de La Martinière.

Le Lamier d'après nature par Hans Weiditz
Le Lamier d'après nature par Hans Weiditz

J’ai eu envie de chercher des illustrations anciennes réalisées pour de célèbres ouvrages, les voici :

Dans le célèbre « Herbarium vivae eicones » d’Otto Brunfels, imprimé en 1530, une des premières représentations d’un lamier d’après nature et non pas d’après des documents plus anciens, c’est une gravure sur bois d’après des dessins de Hans Weiditz.

Ce beau fragment d’une gravure de Pierre-Joseph Redouté est issue du tome 21 d’un ouvrage de 1805 : « La Botanique de Jean-Jacques Rousseau ».

Ce beau fragment d’une gravure de Pierre-Joseph Redouté est issue du tome 21 d’un ouvrage de 1805 : « La Botanique de Jean-Jacques Rousseau ».

Le Lamier d'Auguste Faguet
Le Lamier d'Auguste Faguet

Dans le tome 11 de l’Histoire des plantes, de H.Baillon (1891-1892) deux extraits d’une planche d’Auguste Faguet sur la structure des lamiers.

Gros plan sur une corolle de Lamier par Auguste Faguet.
Gros plan sur une corolle de Lamier par Auguste Faguet.
On comprend bien sur ces illustrations la corolle zygomorphe des labiées en général. J’avais expliqué la zygomorphie dans un article de « Mots de Bota » c’est à revoir là.
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 15:49
Curiosités iconographiques 2016

Sous ce titre pompeux se cache une animation que je propose annuellement dans la Salle du Jardin des Plantes du Mans. Sur quelques thèmes que je choisis au préalable, nous exposons des livres du 19ème siècle ouverts sur des illustrations à thème botanique. Cette année j’avais prévu de montrer quelques grands arbres de nos parcs, et plusieurs petits secteurs d’une très longue table centrale montraient des capucines, des clématites et des bégonias.

Il est amusant de constater comme des modes ont eu cours sur quelques années et alors les ouvrages horticoles montrent des nombreuses estampes par exemple sur les capucines qui ensuite tombent un peu dans l’oubli…

La capucine tubéreuse dans le tome 5 de la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

La capucine tubéreuse dans le tome 5 de la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

Curiosités iconographiques 2016

Une double table était consacrée à des roses, une autre à des fruits divers car la pomologie est bien représentée dans la bibliothèque de la Société d’Horticulture de la Sarthe où j’arrive encore chaque année à faire quelques nouvelles découvertes. Enfin des tables le long d’un mur expliquent les techniques, depuis le bois gravé et la taille douce jusqu’à la lithographie et la chromolithographie et proposent au visiteur d’apprendre à reconnaître ces différents types d’estampes avec quelques exemples, quelques outils, un cuivre gravé et deux pierres lithographiques.

Curiosités iconographiques 2016

La bibliothèque compte surtout des lithographies car l’essentiel des ouvrages date de de 1850 à 1900. Cependant quelques belles pièces sont plus anciennes, illustrées de gravures en taille-douce. Certaines séries d’ouvrages comme la Flore des Jardins de l’Europe de Van Houtte (1845-1880), la Belgique Horticole (1851-1885) ou encore l’Illustration horticole (1854-1896), peuvent être consultées par internet et cela m’évite ainsi de trop manipuler ces vieux livres, mais pour la cinquantaine de volumes de La Revue horticole dont certains recèlent de très belles images, d’après des illustrateurs célèbres comme Alfred Riocreux, Paul de Longpré, Edouard Godard, il faut les consulter et je me fais un plaisir de le faire souvent !

Une chromolithographie de grand format, souvent des illustrations sont repliées dans l'ouvrage.

Une chromolithographie de grand format, souvent des illustrations sont repliées dans l'ouvrage.

Curiosités iconographiques 2016

L’intérêt, c’est aussi de montrer des astuces de mise en page propres au sujet botanique, jouant avec le noir et blanc et la couleur.

Curiosités iconographiques 2016

C’est aussi l’évolution dans la traduction de ces sujets, comme on peut le voir avec les deux roses que je montrais côte à côte (celle de gauche plus moderne dans sa touche, date de 1910). Dans l’ensemble les couleurs de ces impressions anciennes restent très lumineuses, certains bleus sont surprenants de vivacité mais toutes les nuances à base de magenta comme les mauves et les violets ne sont pas fidèles et je pense qu’elles ne se sont pas modifiées mais qu’on était incapables de les traduire à cette époque.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 18:45

C’est bien sûr toujours le thème naturaliste qui m’occupe sur ce sujet, car les anciens ouvrages de botanique ou de zoologie sont tous ornés de magnifiques frontispices placés soit en regard de la page de titre, soit incluant le titre. Je collectionne ces images sur une page de Pinterest :

https://www.pinterest.com/clairefelloni/frontispices/

Le Jardin d’Eischtatt de Basilius Besler.
Le Jardin d’Eischtatt de Basilius Besler.

Le mot de frontispice a deux sens car il peut s’agir aussi, en architecture, de la façade ornée d’un grand édifice et en vérité on peut trouver un lien car ces gravures très savantes, si elles ne font pas figurer un portrait de l’auteur, représentent souvent une sorte de porche ou de fenêtre encadrée de colonnades et de chapiteaux sculptés, ouvrant sur un paysage ou encadrant le titre, comme c’est le cas pour le célèbre Jardin d’Eischtatt de Basilius Besler.

L'Exoticorum de Charles de l'Ecluse
L'Exoticorum de Charles de l'Ecluse

L’idée d’encadrement avec une trouée centrale reste visible même si les colonnes se trouvent remplacées par des personnages mythologiques ou encore par des éléments de flore et de faune de la région concernée par l’ouvrage. J’ai un petit faible pour cet en-tête de l’Exoticorum de Charles de l'Ecluse qui illustre des observations de Pierre Belon, un célèbre sarthois, grand naturaliste et voyageur du 17ème siècle.

Selectarum stirpium americanarum icones
Selectarum stirpium americanarum icones

Pour les relations de voyage, l’idée peut être aussi de faire figurer une carte de l’endroit dans un décor d’ambiance locale, qui nous rappelle les textes des philosophes du 18ème siècle sur le bon sauvage !

Brevis naratio... un ouvrage de Jacob le Moyne de Morgues et Théodore de Bry
Brevis naratio... un ouvrage de Jacob le Moyne de Morgues et Théodore de Bry

On peut également suivre l’évolution des techniques de gravures : les tout premiers frontispices sont des gravures sur bois, puis des eaux-fortes toujours au trait et en noir et blanc sauf s’il s’agit de premiers manuscrits originaux colorés par un peintre pour de riches particuliers ou des princes ! Plus tard la technique s’affine, c’est toujours de la gravure sur cuivre mais de savants encrages localisés dits encrages à la poupée, permettent d’obtenir de la couleur en ajoutant seulement quelques rehauts de d’aquarelle sur chaque exemplaire, mais il reste que ces ouvrages sont toujours de tirages limités et tous ne seront pas rehaussés de couleur avec le même soin, tout dépend du destinataire de l’exemplaire, ce qui fait que certains exemplaires livrés à des princes sont très rares.

Flora graeca de John Sibthorp
Flora graeca de John Sibthorp

Au centre est parfois figuré un paysage dans un cadre comme par exemple sur les têtes de chapitre de la Flora Graeca, de John Sibthorp magnifiquement illustrée par Ferdinand Bauer. On peut y retrouver des sites célèbres en Grèce comme le Mont Athos.

La guirlande de Julie peinte par Nicolas Robert
La guirlande de Julie peinte par Nicolas Robert

Dans les ouvrages de type florilège, il peut aussi s’agir d’une belle guirlande et la première très connue est sans doute la Guirlande de Julie. Cette charmante couronne florale a été peinte par Nicolas Robert au 17ème siècle sur parchemin pour ouvrir un recueil de poèmes dédiés à Julie d’Angennes. L’original est consultable sur le site de la BNF.

Selectarum Stirpium Americanarum Historia
Selectarum Stirpium Americanarum Historia

Certaines de ces couronnes sont très connues comme celle qui orne la page de titre des Roses de Pierre-Joseph Redouté. J’ai trouvé aussi une façon de guirlande illustrant un ouvrage célèbre de Nicolaus Joseph Jacquin, le Selectarum Stirpium Americanarum Historia

Sertum Orchidaceum,John Lindley.
Sertum Orchidaceum,John Lindley.

ou encore une autre plus discrète, sur le Sertum Orchidaceum de John Lindley.

Flore de G.F.W.Meyer,
Flore de G.F.W.Meyer,

Pour finir une page de titre toute simple mais que j’aime beaucoup par la qualité de son illustration d’un pied d’Hépatique et sa belle calligraphie. C’est une flore allemande de G.F.W.Meyer, de 1842.

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 21:43
Les Promenades de Paris

Le 31 janvier dernier, lors de la découverte d’ouvrages de notre bibliothèque de la Société d’Horticulture du Mans, nous avons eu l’occasion de feuilleter le fameux livre de Jean-Charles Adolphe Alphand « Les Promenades de Paris » qui est une pièce maitresse du fonds.

De grand format, il est illustré de 487 gravures sur bois représentant des ambiances paysagères et urbaines avec des personnages, 80 gravures sur acier pour des plans, des coupes et élévations très précis de tout ce qui concerne les bâtiments et fabriques des parcs et des squares et même le mobilier urbain de la ville de Paris.

Nous avons ainsi pu admirer des dessins aux traits si fins que seule la gravure sur acier peut les produire, sur des sujets très variés tels que les grilles du Parc Monceau ou le puits artésien de Passy.

Les 23 grandes chromolithographies très colorées qui illustrent la partie centrale du livre sont plus axées sur la botanique ; c’est le chapitre « Flore ornementale des promenades de Paris ». De magnifiques dégradés de couleur dans les fonds mettent en valeur les corolles et le feuillage et prouvent la grande maitrise atteinte avec ce procédé.

Ces images nous montrent un choix de plantes qui pouvaient peupler les massifs des jardins de Paris en cette fin du 19ème siècle. J’ai pris quelques photos comme j’ai pu, que voici, mais l’ouvrage n’est pas aisé à manipuler et la lumière n’était pas très bonne !

Les Bégonias sont déjà présents à l’époque avec de nombreuses variétés : Begonia rex, begonia ricinifolia, begonia fuchsioides et prestoniensis.

Les Promenades de Paris
Les Promenades de Paris
Les Promenades de Paris

Certaines de ces plantes sont toujours très courantes et utilisées en ville, par exemple celles qu’on appelle les « plantes molles de floriculture » : ce sont des espèces vivaces dans leur pays d’origine mais que l’on doit faire hiverner en serre froide dans nos régions ; elles retournent en pleine terre sur les plates bandes dés les beaux jours. Ainsi, une des planches représente le Cinéraire, Centaurea candidissima, une vivace bien connue pour son feuillage argenté en mélange avec Iresine herbstii, une curieuse petite plante molle de floriculture à feuillage rouge que les anglais nomment « Gésier de poulet » toujours très utilisée en bordures, en potées dans les jardins.

Pour certaines comme les Fuchsias hybrides, l’appellation plante molle peut surprendre car leurs tiges sont presque ligneuses, pourtant c’est ainsi qu’elles sont classées comme aussi les Pélargoniums. Sur une planche figurent 3 variétés de Pelargonium zonale inquinans, qui pouvaient être cultivés en plate-bande

Les Promenades de Paris
Les Promenades de Paris

Notre Jardin des Plantes du Mans a été conçu et dessiné dans ses grandes lignes par l’ingénieur en chef des Promenades de Paris Jean-Charles Adolphe Alphand, c’est sans doute pour cela que ce bel ouvrage figure dans la bibliothèque.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 18:35

La semaine passée était catalane et j’ai surtout manié l’appareil photo pour deux objectifs:

Le premier un peu utopique est de cadrer au mieux des paysages où le végétal est important mais aussi l’élément minéral apporté par la nature ou bien par l’homme quand il s’agit de vestiges archéologiques, cela dans le but de réaliser des aquarelles plus tard, bien entendu ! J’espère ce « plus tard » pas trop lointain…

Voici un exemple de ces ambiances espagnoles mariant minéral et végétal, ici un arbre de Judée parmi les vestiges de l’ancienne cité romaine d’Empuriès.

Semaine catalane

Parfois c’est surtout du paysage, par exemple là avec ces arbres fruitiers en fleurs devant le majestueux Canigou qui figure souvent en fond de scène. Il y a en Catalogne une lumière magnifique et souvent des panoramas époustouflants pour le photographe.

Semaine catalane

Certains arbres sont vraiment à l’honneur comme les deux chênes liège de Vilhaut, dont les racines rampent sur le rocher.

Semaine catalane
Ophrys tenthredinifera
Ophrys tenthredinifera

Le second objectif est toujours de me créer une banque documentaire personnelle sur la flore, méditerranéenne dans ce cas. Certaines espèces, très rares en France, sont plus faciles à photographier en Espagne. C’est le cas pour l’Ophrys guêpe (Ophrys tenthredinifera) que j’ai vu dans la Sierra de Montgri.

Astragalus tragacantha
Astragalus tragacantha

Ou encore c'est le cas de l’Astragale de Marseille (Astragalus tragacantha) vue sur le Cap de Creus, qui forme des gros coussins très florifères sur lesquels il n’y a pas intérêt à s’asseoir.

Et je ne vous parle pas des oiseaux ! Pour cela il faut consulter en ce moment le site de mon compagnon mis à jour chaque soir : numeriscopages.com

Pour un accès direct, cliquez sur: Avril 2015 - Séjour en Espagne - Aiguamolls et alentours

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 11:34

Le sol des tourbières est une merveille à observer, dont je ne me lasse pas. J’ai retrouvé mes nombreuses photos car je suis en ce moment en train de travailler sur cette flore pour une prochaine parution. Même s’il n’est pas possible de vous montrer ces illustrations, je peux tout du moins vous en parler et comme support à mon propos, j’ai retrouvé aussi un petit pavé phytosociologique que j’avais réalisé il y a longtemps maintenant pour un guide Gallimard sur le Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Le sol de la tourbière

On y voit une motte de la tourbière bombée avec, piquées dans la sphaigne de Magellan qui en constitue le « terreau », des petites espèces rares et emblématiques comme l’Andromède (Andromeda polifolia), la Linaigrette engainée (Eriophorum vaginatum) qui forme les petits toupets blancs au fond, et la Canneberge (Vaccinium oxycoccos). Le scirpe cespiteux, à droite devant, et derrière lui la Molinie bleue sont des compagnes habituelles plus communes. Ces deux plantes en touffes forment de solides touradons entre lesquelles la sphaigne subsiste et parfois s’effondre pour former des gouilles où il n’y a pas intérêt à poser le pied ! La sphaigne peut retenir dans ses fibres vingt fois son volume d’eau. Le petit papillon est le Nacré de la canneberge.

Le sol de la tourbière
Le sol de la tourbière

Ci-dessus, les petites pommes de la Canneberge et les fruits dressés de l’Andromède (la fleur est un petit grelot rose) que j’avais prises en photo en été 2008, dans le Jura.

Pour le plaisir j’ai ajouté ci-dessous l’Airelle du Mont Ida (Vaccinium vitis-idea),vue sur la tourbière du Lac des Rousses et la Sarracénie, une américaine qu’on commence à rencontrer dans nos tourbières de France, par exemple à Frasnes.

Le sol de la tourbière
Le sol de la tourbière
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Published by Claire Felloni - dans Flore Illustration
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