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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 18:46
Scabre, scarieux, hyalin

Un nouvel apport pour ma rubrique "Mots de Bota" sur trois adjectifs qu'on trouve dans les Flores :

Scabre, rude, râpeux au toucher. Ce sont souvent une tige ou une arête qui accrochent quand on passe le doigt du fait de la présence de mini aspérités disposées en biais. Les tiges triquètres et coupantes de certains Carex, les arêtes qui carènent les épillets de graminées sont parfois scabres. Le bord des feuilles de la Garance voyageuse l'est également.

Scabre, scarieux, hyalin

Les tiges et rameaux riches en silice des prêles sont scabres et servaient d’ailleurs d’abrasif autrefois!

Scarieux, s’emploie pour des parties d’une plante qui sont membraneuses, sèches et un peu translucides, jamais vertes mais plutôt parcheminées.

Chez les scirpes, les carex, les bractées sont souvent scarieuses.

Un bel exemple se trouve sur la Leuzée conifère ou encore le Catananche, deux astéracées du Midi dont les bractées du capitule présentent cet aspect à la fois coriace et délicat.

Certaines bractées argentées forment de fausses ligules comme autour du cœur de la carline acaule : elles sont scarieuses également ainsi que les stipules foisonnants de la Paronyque argentée qui de par leur finesse sont déjà (pour moi) presque hyalins !

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

Scabre, scarieux, hyalin

Hyalin a le même sens mais donne une idée de fragilité et de transparence plus nette. C’est le cas des gaines « diaphanes » qui enveloppent les feuilles du crocus ou de l’Iris réticulé (ci-dessus) ou d’autres bulbeuses car ces gaines fragiles sortant d’un bulbe sont à l’origine des tuniques externes dans le bulbe. Les spathes des narcisses deviennent souvent hyalines en séchant, prennent une allure de papier de soie et tombent assez vite. Dans les descriptions des flores et souvent au sujet des capitules d’astéracées, on parle de bractées à marges hyalines quand les bords en s’amincissant deviennent translucides, presque transparents et se déchirent très facilement.

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Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 17:48

La planche du Volubilis est finie ! Si vous avez suivi les différentes étapes sur ce blog, vous la connaissez déjà bien et le résultat final ne vous causera guère de surprise !

J’ai ajouté un petit fruit, une capsule, d’après des photos de mon commanditaire car mon Ipomoea indica ne produit pas de capsules dans la contrée trop nordique où j’habite.

Volubile, Volubilis

Et puisque Volubilis en latin signifie « qui tourne aisément », j’en profite pour évoquer brièvement ce mot de volubile pour ma rubrique « Mots de bota ».

Une plante volubile possède la capacité d’enrouler sa tige autour d’un support ; elle ne se sert d’aucun autre moyen pour grimper, ni vrilles ni crampons. Elle possède une capacité formidable du bout de sa tige qu’on nomme la flèche, à osciller à la recherche d’un support sur lequel elle pourra commencer à s’enrouler. C’est le mécanisme compliqué de la circumnutation, sur lequel les scientifiques se sont beaucoup penchés.

Le premier de ces savants fut Charles Darwin qui à la fin de sa vie étudia en chambre les comportements de plants de Houblon, d’Ipomée, de Haricot d’Espagne et de Liseron. Il note par exemple que le Volubilis dont l’enroulement est dextre, (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre), est plus lent que le Houblon qui lui, est senestre (comme également le Chèvrefeuille). Ces termes de dextre et senestre prêtent beaucoup à polémique suivant que l’on se place de l’extérieur ou dans la spirale !

Volubile, Volubilis

Pour moi (et pour une partie de ces scientifiques…) qui me place au dehors, le Chèvrefeuille tourne donc dans le sens des aiguilles d’une montre. Il a la force nécessaire quand il prend de l’âge pour étrangler le support qu’il a choisi car ce dernier, lui aussi, continue à grossir. On rencontre parfois des arbustes déformés en pas de vis comme sur cette illustration au brou de noix que j’avais réalisé pour un Almanach des fleurs sauvages (Terre sauvage/Delachaux et Niestlé).

Ma catégorie "Mots de bota" compte à ce jour une vingtaine d'articles, vous la trouverez dans la colonne de gauche.

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Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 17:44

L’automne dernier, j’ai eu une commande un peu particulière, d’une aquarelle destinée à un passionné des Cérambyx. Il s’agit de la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina).

Ce coléoptère de la famille des Cérambycidés, emblématique par sa beauté de forme et de couleurs, n’est pas facile à observer. Il mesure environ 3 cm de long. Malgré son nom, il n’est pas uniquement inféodé aux terrains montagnards mais sa larve vit volontiers dans du hêtre mort et comme le hêtre apprécie bien les forêts d’altitude où l’entretien est peut-être moins soutenu, il n’est pas surprenant que cette espèce soit associée en premier lieu aux Alpes. Toutefois, il est reconnu que sa répartition suit le cours de la Loire jusqu’à Nantes et l’amateur chez qui se trouve maintenant mon aquarelle a finalement trouvé ses premières Rosalies dans le marais poitevin !

Il a eu bien de la chance car ces longicornes vivent longtemps (plus de 2 ans) sous forme de larves mais seulement une dizaine de jours en été comme adultes !

Les larves n’occupent pas seulement le hêtre mais aussi bien d’autres feuillus pour peu qu’elles trouvent du bois mort. Malheureusement de nombreuses larves sont détruites, les femelles ayant fait la terrible erreur de pondre dans des coupes de bois de chauffage !

Bien sûr, cet insecte est protégé au niveau national et la capture des adultes est interdite.

Rosalie des Alpes

Les insectes en général sont souvent brillants d’aspect ; cela est sans doute du à la cuticule rigide qui les protège mais chez certaines espèces cette cuticule semble couverte d’un duvet fin ; ce duvet est bleu cendré chez la Rosalie des Alpes dont les élytres portent en outre trois taches d’un beau noir velouté. Les antennes de la Rosalie sont remarquables, ornées de touffes de soies noires sur chaque article. Chez le mâle les antennes sont un plus longues ; il se trouve ici à gauche, un petit peu plus élancé et à peine plus coloré que la femelle à droite.

Les couleurs qui m’ont servies sont surtout le Bleu de Cobalt, une pointe de Winsor green blue shade pour rendre le bleu un peu plus ceruleum et aussi le Gris de Davy pour éteindre un peu mes bleus clairs. Je n’ai pas de Gris de Payne ; pour faire des noir bleutés j’aime bien couper de l’Indigo avec du Caput Mortum violet.

Rosalie des Alpes

J’ai choisi de représenter mes Rosalies comme si elles étaient posées sur la feuille de papier avec une légère ombre portée (en gris de Davy) pour donner du relief; en réalité je n’imaginais pas de créer un fond qui aurait nui à la clarté des formes et je voulais juste que le mâle et la femelle croisent leurs antennes pour l’agrément de la composition bien qu’en réalité il paraît qu’ils ne prennent guère de temps pour se séduire !

Rosalie des Alpes

J'ajoute aujourd'hui une photo de la femelle prise par le destinataire de ces Rosalies qui m'autorise à clore ainsi mon article! Merci Jean!

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Published by Claire Felloni - dans Illustration
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 11:51
Les Verts de Phtalocyanine

Le pigment de phtalocyanine est un pigment organique de synthèse (POS) d’invention assez récente (1938); il est utilisé pour les couleurs froides échelonnées entre le bleu et le vert. Il donne des couleurs transparentes qui teintent le papier ; il ne permet donc pas beaucoup de repentirs. Très résistant à la lumière, il a supplanté certains pigments traditionnels transparents mais les pigments minéraux de synthèse (PMS), qui ont des propriétés différentes, parviennent à se maintenir (ce sera le sujet d’un prochain article).

Il existe 2 pigments pour les bleus, PB 15 et PB 16 (B pour blue), dont je ne vais pas parler et 2 autres pour les verts qui sont :

  • La phtalocyanine de cuivre chlorée (PG7)(G pour green) qui nous donne un vert émeraude très intense et froid .
    • Par exemple le Winsor green blue shade (Vert Bleu Winsor n° 719 chez Winsor et Newton).
    • Chez Schmincke, c’est le Vert Phtalo n° 519.
    • Chez Daler-Rowney, c’est le Vert Phtalo n° 361 dans la série artistes ou encore le Viridian hue n° 382 dans la série plus ordinaire (Attention hue signifie « nuance de », le vrai Viridian n’est pas à la phtalocyanine, c’est un PMS).
    • Chez Blockx, c’est le vert Blockx n° 163.
    • Chez Sennelier, PG7 n’existe pas tel quel en aquarelle.
  • La phtalocyanine de cuivre bromé (PG36) qui donne un vert un peu plus chaud.
    • Par exemple le Vert Winsor nuance jaune (n° 721 chez Winsor et Newton).
    • Le Vert Véronèse (n° 847 chez Sennelier), et le Vert Sennelier (n° 817).
    • Chez Blockx, c’est le vert Phtalo n°165.
    • Chez Schmincke, c’est le n° 514, appelé Vert Helio.
    • Chez Daler-Rowney, PG36 n’existe pas tel quel.
Les Verts de Phtalocyanine

Le Winsor green blue shade, en mélange avec le Rouge de Cadmium et très dilué donne un agréable ton de fond pour le feuillage. Il ne restera que sur les parties brillantes.Les 2 autres verts, Vert de Hooker et Vert de Vessie permanent, interviennent en glacis.

Les Verts de Phtalocyanine

Quel que soit notre fournisseur, ces différentes couleurs du PG7 étant monopigmentaires, elles devraient être prioritaires dans nos palettes car en les mélangeant avec des jaunes et des rouges, nous pouvons retrouver toutes les autres nuances de vert partant de celles là.

Nous pouvons choisir de leur donner du corps en les mélangeant avec des pigments minéraux plus opaques par exemple le jaune de Naples, comme dans l’involucre de bractées de mon anémone Marianne en tête d'article et dont la palette se trouve ci-contre. On peut au contraire vouloir garder la transparence en choisissant d'ajouter plutôt d’autres pigments organiques de synthèse jaunes et roses.

Cependant, à propos du PG36, j’avoue ne pas posséder le Vert Winsor nuance jaune et mon emploi du vert Véronèse de chez Sennelier est récent. C’est incontestablement le PG 7 qui me sert le plus en raison de sa très grande amplitude de valeur : en mélange avec des couleurs à la quinacridone, il peut donner de très légères nuances bleutées ou rosées sans du tout granuler, et en concentrant fortement les pigments on obtient aisément un vert très sombre.

Les verts « moyens » comme le vert de Hooker ou le Vert de vessie sont en fait des mélanges de pigments avec la phtalocyanine qu’il est possible de réaliser soi-même mais je dois préciser qu’ils font pourtant beaucoup d’usage sur ma palette !

Le Vert de Hooker :

A ma grande confusion, je me suis rendu compte qu’il s’agissait effectivement d’une invention de William Hooker (le père de Joseph Dalton Hooker dont j’ai parlé dans mon dernier article) et depuis le temps que j’utilise ce vert, j’avoue que je l’ignorais ! En tant qu’illustrateur de botanique, il trouvait que manquait un vert assez foncé plus chaud de nuance que le vert émeraude et il lui vint à l’idée de mélanger le Bleu de Prusse (PB 27, ferrocyanure ferrique) avec la vraie Gomme gutte qui n’existe plus. John Sell Cotman a lancé ce vert de Hooker, mais cette couleur, plus récemment devint d’abord un vert nitrosonaphtol (PG 8), avant que les fournisseurs ne décident de recourir à l’inévitable phtalocyanine.

Prenons l’exemple de Sennelier, le Vert de Hooker résulte du mélange du PG 36 avec le Jaune Sennelier clair (PY153) (Y pour yellow), qui est un jaune minéral (Dioxine de Nickel) existant sous le n° 578 de Sennelier ; c’est donc typiquement le mélange qu’on peut faire soi-même sur la palette si on a aussi le Vert Sennelier n° 817.

Chez les autres fournisseurs, ce serait trop long de détailler mais ce sont presque toujours des mélanges qu’il est possible d’obtenir et comme le temps où certains pigments s’avéraient incompatibles dans les mélanges est presque fini, et que le vert de Hooker, tel quel, est toujours trop cru à utiliser pour la végétation, on pourrait à la limite se passer de sa présence, alors que le PG7 est tout aussi basique pour nous que les trois vraies couleurs primaires.

Les Verts de Phtalocyanine

Le Vert de Hooker me sert principalement pour obtenir des verts très foncés en mélange avec du rouge ou de la Terre de Sienne brûlée, mais aussi pour ombrer des fleurs blanches : en mélange avec le magenta ou le rose permanent, comme vous voyez ci-dessus sur cette petite fleur de Pommier car ce même mélange partant du vert émeraude donnerait des tons trop bleutés. Partant du Vert de vessie permanent, par contre il devient vite trop marron, il faut bien équilibrer son dosage…

Le Vert de Vessie : (synonyme du Sap green en anglais)

Pour la petite histoire, autrefois le vert de vessie résultait du suc tiré d’un petit arbre de chez nous, le Nerprun purgatif (Rhamnus catharticus), additionné de chaux, de gomme arabique et quelquefois d’alun (source : Répertoire des couleurs d’Oberthür). Il était vendu conditionné dans de petits contenants en vessie de porc, d’où son nom.

Je le trouve, sous sa forme de Vert de vessie permanent chez Winsor et Newton (à base de PG36), très utile sur la palette tout simplement parce qu’il fait gagner du temps. Mais il ne ressemble pas au Vert de vessie traditionnel, il est trop pimpant ! Le Vert de vessie n° 819 de chez Sennelier (PB 29 + PY 153), ne contient pas de Phtalocyanine; c'est un mélange que je fais parfois à base d’Outremer français cassé de jaune. Comme l’Outremer se situe sur la roue des couleurs pas très loin des violets, cela donne un vert un peu rompu qui doit ressembler davantage au vert de vessie d’autrefois.

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Published by Claire Felloni - dans Petites leçons
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 17:41
Pavots de l'Himalaya

En me promenant dans les ouvrages de botanique du 19ème siècle, j'ai découvert que le fameux voyage de Joseph Dalton Hooker avait donné lieu à de nombreuses publications avec à la clé de très belles planches lithographique dont je vous ai déjà parlé à propos des Rhododendrons. Voir là :

http://www.aquarelle-bota-clairefelloni.com/article-les-rhododendrons-un-peu-d-histoire-et-de-botanique-104415624.html

Ces lithographies sont souvent de Walter Hood Fitch, ou gravées à postériori d’après les siennes ; elles détaillent des genres emblématiques du Népal, du Sikkim et de la chaine himalayenne comme les Rhododendrons ou par exemple les Pavots, qui, en réalité, sont des Méconopsis !

Pour Meconopsis nepalensis, J.D.Hooker rédige une courte notice dans l’ouvrage « Illustrations of himalayan plants » : « Cette superbe plante, vue à quelque distance, ressemble à une petite rose trémière. Elle a été découverte dans le Népaul par les collecteurs du docteur Wallich, et je l’ai trouvée dans les vallées intérieures humides du Sikkim… ».

C’est plutôt Meconopsis nepaulensis qu’il convient de le nommer aujourd’hui, théoriquement, il devrait toujours être jaune et son habitat naturel serait limité au centre du Népal, mais une grande confusion a régné longtemps sur ces pavots himalayens et il en reste sans doute des malentendus dans les affichages des jardins.

Pavots de l'Himalaya

On retrouve le nom du Dr Wallich sur Meconopsis wallichii, dont je vous montre la représentation dans la Flore des Jardins de l’Europe de Van Houtte, mais il est bien dommage de constater que la belle couleur bleu tendre décrite dans le commentaire a fâcheusement viré au gris sur la lithographie de l’époque ! Ce Meconopsis wallichii, décrit par Joseph Dalton Hooker en 1852 fut pendant un temps reclassé sous le groupe de M.nepaulensis mais depuis une reclassification de 2006, il a repris sa légitimité.

Pavots de l'Himalaya

Dans le tome 4 de la "Belgique horticole", on retrouve ce beau pavot bleu ciel et cette fois-ci avec une couleur sans doute trop cæruleum car il est décrit comme très pale, (il est associé sur cette image au Papaver pilosum qui pour nous est hors sujet puisque cette plante est grecque!).

Le Pavot bleu de l’Himalaya que nous connaissons dans les jardins actuellement, d’un magnifique bleu azur, ne correspond pas au Méconopsis de Wallich ; il s’agit en général de Meconopsis betonicifolia, peut-être découvert et nommé plus tardivement car je n’ai pas encore trouvé de gravure ancienne à son sujet.
Pavots de l'Himalaya

J.D.Hooker a publié avec le Dr Thompson une « Flora indica » dans laquelle on retrouve nombre de ces belles himalayennes comme par exemple Meconopsis simplicifolia, très commun sur les endroits rocheux et pierreux au dessus de 3600m d’altitude, où elle résiste aux vents violents et aux tempêtes. Cette espèce reste très distincte encore de nos jours avec sa rosette de feuilles simples et sa fleur solitaire. (illustration reprise dans « L’Illustration horticole », tome 3, 1856)

Pavots de l'Himalaya

Concernant la dernière planche sur le Meconopsis aculeata, que j’ai trouvée dans un ouvrage de John Forbes Royle, édité en 1840, c’est un peu un mystère car le rouge de la fleur ne correspond en rien aux descriptions postérieures de cette espèce, originaire du Nord-Ouest de l’Himalaya, toujours bleu azur ! Pourtant la silhouette avec une grappe de fleurs et des feuilles profondément découpées reste valable. Peut-être faut-il comprendre que l’espèce nommée ainsi de nos jours ne représente qu’une partie d’un groupe « Aculeatae » plus large. Voir à ce propos:

http://www.meconopsis.org/spages/classifspecies.html

Une anecdote pour finir: le dessinateur indien qui signa le dessin d’origine de ce dernier Méconopsis a été identifié, il s’appelait Vishnupersaud et travaillait pour un salaire de misère comme simple employé au jardin botanique de Calcutta. Son nom figure d’ailleurs en bas à gauche des planches. Il a réalisé de très nombreuses illustrations, (aussi pour le Dr Wallich); les lithographies furent réalisées d’après ses aquarelles à Londres au retour de Royle. Voir:

Illustrations of the botany and other branches of the natural history of the Himalayan Mountains :and of the flora of Cashmere /by J. Forbes Royle.
Publication info: London :Wm. H. Allen,1839.

Et pour finir, tout de même, je n'oublie pas de vous souhaiter à tous une très belle année 2015, pleine d'aquarelles, de plantes, et d'aquarelles de plantes!

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 18:04
Volubilis 3
Volubilis 3

Ma planche sur le Volubilis (Ipomoea indica) avance bien.

Pour cet article je me suis amusée à faire des photos d’étape sur une corolle avec mon smartphone. Vu la faible luminosité de ces derniers jours, les photos ne sont pas fameuses mais les 3 stades vous donnent quand même une petite idée de la façon dont j’aborde la chose !

Dans la première étape où je pose des couleurs sur la surface humide, vous pourrez peut-être deviner que j’ai laissé un mince filet de papier sec qui fait barrage aux pigments de façon à pouvoir pousser des nuances chaudes saumonées, au fond du cornet sans que celles-ci ne débordent à droite sur le plan de la corolle en raccourci.

Le rose plus soutenu des sillons est posé tout à la fin quand le fond commence à sécher au pinceau fin peu chargé d’une couleur assez dense et en allant du cœur vers le bord.

Volubilis 3

Dans la seconde étape, je commence à poser des glacis en balayages avec mon pinceau effrangé, avec des mélanges de Bleu de Cobalt et de Violet de Cobalt dont les dosages varient.

Volubilis 3

Ce n’est que progressivement que j’apporte plus de contraste, parfois aussi avec des touches plus larges posées en travers de mes lignes fines mais dans ce cas il faut que le gros pinceau soit très peu chargé de couleur assez diluée.

Voilà donc où j’en suis, les corolles sont toutes installées, j’attends un peu pour apporter des détails au cœur ; les étamines et le pistil doivent rester très clairs et discrets. Au pied de chaque fleur, il y a un fouillis de bractées rougeâtres autour des calices qu’il ne faut pas négliger.

La planche est encore un peu pâle mais j’y vais doucement et pour la contraster davantage il vaut mieux avoir tout mis en place et prendre du recul avec une bonne lumière du jour surtout !

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 18:39
le Souci (Calendula arvensis)
le Souci (Calendula arvensis)

Une plante Annuelle boucle tout son cycle de végétation dans une seule année, de la graine qui s’enracine à la graine qui est produite avant les grands froids de l’hiver, durant lequel il ne reste aucune feuille ni racine en principe. Une vraie annuelle commence sa floraison en mai-juin et les fleurs se succèdent tant qu’il ne fait pas trop froid !

J’ai trouvé dans mes cartons quelques illustrations d’annuelles moins connues que les Coquelicots et Bleuets comme par exemple le Souci (Calendula arvensis), le Fumeterre officinal (Fumaria officinalis), la Bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris) ou encore la discrète Guimauve hirsute (Althaea hirsuta).
la Bourse à pasteur
la Bourse à pasteur

En novembre, j’ai encore quelques nigelles en fleur bien qu’elles soient fort petites. Je sais qu’elles se ressèment toutes seules et je me demande s’il peut y avoir plusieurs générations sur ma plate-bande dans la même année. La période de dormance nécessaire pour qu’une graine germe de nouveau est-elle compatible avec ce cas ?

Pour la Bourse à pasteur, ci-contre, cela ne m'étonnerait pas!

Des messicoles telles que la nigelle ou le bleuet, la nielle sont en fait des « annuelles d’hiver » ; il est bon qu’elles commencent leur cycle en automne ou en hiver, voir cet article sur Tela botanica :

http://www.tela-botanica.org/page:plte_messicole?langue=fr
le Fumeterre officinal
le Fumeterre officinal

En les semant au printemps, on court le risque qu’elles fleurissent moins bien voire même qu’elles meurent avant la floraison car un froid hivernal leur est nécessaire. L’an dernier mes pavots, semés à l’automne précédent ont été superbes !

Annuelles, bisannuelles

Les annuelles ne sont pas capables de stocker durablement les substances de réserve produites par la fonction chlorophyllienne, car elles ne possèdent pas d’organes adaptés pour cet usage (bulbes, rhizomes et tubercules).

Deux années pour la Carotte !
Deux années pour la Carotte !

Si le cycle végétatif nécessite 2 ans, il s’agit de Bisannuelles comme la Carotte.

Les bisannuelles passent souvent l’hiver sous forme de bourgeons voire d’une rosette qui offrent moins de prise au gel. En terre subsiste un système racinaire plus ou moins efficace pour constituer des réserves qui serviront à produire une belle floraison la deuxième année.

Là aussi, la période de froid que subit la plante est importante pour son fleurissement futur : c’est la vernalisation.

Annuelles, bisannuelles

Les Bisannuelles meurent à la fin de leur cycle de 2 ans mais comme ce sont souvent des populations de plusieurs pieds dont l’évolution s’est décalée dans le temps, nous n’en prenons pas vraiment conscience.

la Vipérine
la Vipérine

De nombreuses plantes qualifiées d’annuelles peuvent se comporter en vivace si le climat (un hiver doux) le permet. La résistance de leurs parties aériennes au froid est déterminante. La formation des graines reste une garantie de survie et c’est la reproduction par graines qui permet d’éviter l’appauvrissement génétique d’une population.

A l’inverse, de nombreuses plantes qui sont vivaces dans leur région d’origine à climat chaud ne pourront survivre au jardin qu’en tant qu’annuelles (le volubilis sera plus vivace dans le midi et plutôt annuel au Nord de la Loire).

le Bouillon blanc
le Bouillon blanc
Dans la flore sauvage de France, la majorité des herbacées sont des vivaces et heureusement car ce sont celles qui résistent le mieux aux mauvais traitements que nous leur faisons subir ; les vraies bisannuelles sont moins fréquentes : citons les Molènes (par ex. le Bouillon blanc), l’Oenothère ou Herbe aux ânes (Oenothera biennis), la Vipérine (Echium vulgare), la Digitale (Digitalis purpurea).

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:21

Je continue le journal de ma planche de Volubilis : après une enquête auprès de l’horticulteur où j’avais trouvé ma plante, il s’avère qu’il s’agit bien du Liseron bleu vivace ou Volubilis des jardins. Un peu inquiète du nom latin qu’il me donne alors, je constate au retour qu’ Ipomoea leari est synonyme d’ Ipomoea indica. Mon impression était donc la bonne et c’est pour cette raison que la corolle reste d’un bleu assez doux nuancé de mauve qui vire rapidement au rose et non du bleu beaucoup plus prusse ou cyan qui caractérise plutôt l’ Ipomoea tricolor.

Le liseron vivace quand le climat lui permet de se comporter vraiment en vivace est devenue une plante invasive, notamment au Portugal, voir cette page :http://invasoras.pt/gallery/ipomoea-indica/

Ipomea indica , en France, est dite par les jardiniers « vivace herbacée cultivée en annuelle » et le feuillage « persistant ou caduc selon le climat hivernal ».

Volubilis 2

Il est vrai que pour mettre au point mon dessin préparatoire, j’avais encore tous les éléments sur le pied alors que nous sommes à la mi-novembre et que j’habite au nord de la Loire. Par contre, je ne me suis pas basée sur la taille des fleurs qui restaient car c’est vraiment la fin, elles sont nettement plus petites que cet été !

J’ai élaboré ma composition sur un calque en reprenant des petits ensembles qui me plaisaient sur la kyrielle de photos prises cet été, mais en surveillant bien sur la plante elle-même que mes montages étaient vraisemblables. Le report de ce dessin, je le pratique à l’ancienne en faisant un contrecalque, mais ensuite je reprends chaque morceau que je vais travailler avec un crayon très fin et la gomme mie de pain qui élimine les traits grossiers de graphite laissées par le calque de mise en page.

Volubilis 2

Ensuite, c’est la mise en couleur morceau par morceau en m’inspirant des petites études que je vous ai postées la dernière fois. J’ai commencé par la verdure pour me mettre en jambe et le mélange du Vert Véronèse de chez Sennelier ( = Vert Winsor nuance jaune chez Winsor et Newton soit PG36) et de l’Auréoline ( même pigment chez Sennelier et chez Winsor et Newton : PY40), me plait bien pour commencer le feuillage.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 21:06
7 ans !

Le blog a eu 7 ans hier !

Depuis le début de son lancement il a reçu 282403 visites et 965577 pages ont été visitées.
236 fidèles sont inscrits à ma newsletter ou plutôt à mes articles car des newsletters, je n’en envoie que très rarement !
3948 commentaires ont enrichi mes articles.
Voici deux petits Iris nains de la garrigue pour vous remercier de vos visites régulières qui m’encouragent à persévérer.

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Published by Claire Felloni
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 14:11

Depuis ce printemps, j’ai l’idée de peindre une planche botanique sur le Volubilis ; je vous montre ici des études préliminaires sur le sujet qui m’aideront à choisir les bons mélanges de couleurs, et les angles de vue judicieux par exemple. Un tel projet nécessite aussi de se renseigner sur la plante afin de ne pas faire d’erreur sur les détails botaniques qui lui sont spécifiques, c'est-à-dire qui permettraient de la reconnaître par rapport à une plante du même genre Ipomoea mais d’une espèce différente et on verra plus loin que ce n’est pas toujours évident !

Voici ma planche d'études préliminaires. Le violet de Cobalt n'interviendra qu'en glacis sur un fond léger plutôt à la Quinacridone.

Voici ma planche d'études préliminaires. Le violet de Cobalt n'interviendra qu'en glacis sur un fond léger plutôt à la Quinacridone.

Volubilis

Le Volubilis (Ipomoea purpurea L. Roth.) est une plante grimpante de la famille des Liserons qui apprécie une exposition plein-sud.
Plus le soleil est présent et plus les fleurs seront nombreuses et il me semble, plus elles se colorent de bleu. En ce moment, en Novembre, j’ai encore quelques fleurs sur mon volubilis mais elles sont assez petites et à dominante mauve. Cette plante ne supporte pas les gelées, j’espère la garder pour l’an prochain en paillant son pied car je n’aurai probablement pas de graines à récolter ! C'est une espèce originaire du Mexique et d’Amérique centrale, et je ne suis pas sûre que les fruits qui sont des capsules sphériques viennent à maturité au Nord de la Loire.

Ce volubilis s’est installé dans toutes les régions tropicales et il est même inscrit dans la liste des espèces envahissantes de La Réunion, où il grimpe dans les cannes à sucre.

Volubilis

Il est représenté en 1837 par Miss Drake pour l’Edward’s Botanical Register.

Volubilis

L’illustration que donne G.Curtis en 1842 ainsi que celle de Walter Hood Fitch en 1847, toutes deux pour le Curtis’s Botanical Magazine représentent en réalité l’Ipomée d’Inde ou Liseron bleu et non lpomoea purpurea !

l'Ipomée d'Inde par Walter Hood Fitch

l'Ipomée d'Inde par Walter Hood Fitch

Cet Ipomoea indica (Burm.) Merr. serait plutôt originaire des iles du Pacifique, mais naturalisé comme son cousin un peu partout sous les climats doux et sans doute le plus cultivé pour l’agrément. La plante ressemble beaucoup à celle que j’ai au jardin au point que je ne sais plus bien quelle espèce je peins !

Toutes les feuilles en sont trilobées alors qu’il semble que cela soit moins fréquent chez Ipomoea purpurea, dont les feuilles sont plus simplement en coeur, et c’est vrai que cet été les fleurs étaient plus grandes et plus bleues que maintenant !

Une entreprise à suivre…sur ce blog!

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Published by Claire Felloni - dans Petites leçons Flore
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