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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 19:01

Il y a longtemps que je n’ai pas mis sur le blog une « Petite leçon » avec sa palette de couleurs. J’ai retrouvé celle-ci d’un sujet assez simple et que je n’ai pas montrée déjà, je crois !

Des radis

La principale difficulté vient du fait que les fanes s’écroulent très vite dès qu’elles sont au sec. Mes feuilles étaient calées dans une barquette et le radis baignait dans un fond d’eau, mais même comme ça et avec l’aide d’un brumisateur qui leur redonnait un peu de vie, on ne dispose pas de beaucoup de temps. Bien sûr, c’est par ce feuillage qu’il faut commencer. Si vous faites une bonne pause ne pas hésiter à plonger tout le sujet dans l’eau un moment : il reprend pas mal de vigueur ! Mais évidemment ce n’est pas toujours facile de le replacer dans sa bonne disposition… C’est ça le travail d’après nature sur des sujets végétaux ; il faut constamment s’adapter et accepter éventuellement de reprendre un crayonné qui n’est plus bon… mais surtout ne pas dessiner en détail des choses qui ne seront pas peintes dans les deux heures qui suivent. Un crayonné de mise en page générale est toujours utile mais il doit être très rudimentaire et léger.

Peut-être vous rappellerez-vous d’un article du blog sur la forme typique de cette feuille dont je vous recolle le texte:

Lyré : Le limbe est échancré de découpes profondes formant des lobes dont la taille s'accroît en allant vers le sommet. Le lobe terminal est plus grand et assez rond, ce qui donne au bout de la feuille la forme d'une lyre. Plusieurs plantes de la famille de notre Radis sont dotées de ces feuilles comme la Moutarde (Sinapis arvensis), ou la Barbarée (Barbarea vulgaris).

Des radis

Pour les mélanges de verts puisqu’il en est souvent question sur le blog, j’ai repris une formule qui m’est très habituelle :

  • Casser le Vert de Hooker toujours trop cru avec une pointe de Rouge de cadmium qui ne me sert plus que de cette façon (Pour les rouges, je préfère la laque écarlate)
  • Eclairer le Vert de vessie permanent avec du Cadmium citron
  • Je me suis contentée de concentrer ces mélanges car il n’y avait pas de vert très foncé sur les fanes

Les Radis ronds sont plus rouges que roses et la laque écarlate est bien adaptée. Pour les radis longs, c’est plutôt le Rose permanent qui s’impose au départ. Avec des glacis plus soutenus par exemple de Cramoisi d’Alizarine, de petits balayages en travers permettent de faire tourner la forme ; on peut même aller jusqu’à Indigo + Magenta ( 6 sur la palette).

Des radis

Ce petit catalogue de variétés permet de moins représenter de fanes, d’ailleurs les petites pousses du milieu comme sur le radis central, bien qu’on y sente moins la jolie forme lyrée, tiennent mieux et peuvent suffire à faire chanter le rose.

Je classerai cet article avec les autres "Petites leçons" que vous pouvez retrouver dans la colonne de gauche du blog.

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Published by Claire Felloni - dans Petites leçons
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 11:34

Le sol des tourbières est une merveille à observer, dont je ne me lasse pas. J’ai retrouvé mes nombreuses photos car je suis en ce moment en train de travailler sur cette flore pour une prochaine parution. Même s’il n’est pas possible de vous montrer ces illustrations, je peux tout du moins vous en parler et comme support à mon propos, j’ai retrouvé aussi un petit pavé phytosociologique que j’avais réalisé il y a longtemps maintenant pour un guide Gallimard sur le Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Le sol de la tourbière

On y voit une motte de la tourbière bombée avec, piquées dans la sphaigne de Magellan qui en constitue le « terreau », des petites espèces rares et emblématiques comme l’Andromède (Andromeda polifolia), la Linaigrette engainée (Eriophorum vaginatum) qui forme les petits toupets blancs au fond, et la Canneberge (Vaccinium oxycoccos). Le scirpe cespiteux, à droite devant, et derrière lui la Molinie bleue sont des compagnes habituelles plus communes. Ces deux plantes en touffes forment de solides touradons entre lesquelles la sphaigne subsiste et parfois s’effondre pour former des gouilles où il n’y a pas intérêt à poser le pied ! La sphaigne peut retenir dans ses fibres vingt fois son volume d’eau. Le petit papillon est le Nacré de la canneberge.

Le sol de la tourbière
Le sol de la tourbière

Ci-dessus, les petites pommes de la Canneberge et les fruits dressés de l’Andromède (la fleur est un petit grelot rose) que j’avais prises en photo en été 2008, dans le Jura.

Pour le plaisir j’ai ajouté ci-dessous l’Airelle du Mont Ida (Vaccinium vitis-idea),vue sur la tourbière du Lac des Rousses et la Sarracénie, une américaine qu’on commence à rencontrer dans nos tourbières de France, par exemple à Frasnes.

Le sol de la tourbière
Le sol de la tourbière

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Published by Claire Felloni - dans Flore Illustration
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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 19:40

Je vous ai parlé récemment du vert émeraude que l’on trouve le plus souvent sur nos palettes, le vert de phtalocyanine, un pigment récent (organique de synthèse).

Il faut savoir qu’il existe un autre vert émeraude, beaucoup plus doux, le Viridian ou Vert émeraude véritable (PG18), un pigment minéral de synthèse : l’Oxyde de Chrome hydraté inventé par Pannetier au 19ème siècle.

Ce vert froid déroute parfois par la légèreté des lavis qu’il engendre surtout si on l’utilise en godet ce qui est notre cas car il faut un peu de temps et de patience pour obtenir une valeur qui restera de toute façon assez claire. Il faut aussi ne pas trop se dépêcher car il risque de rester des petits grains de pigments si on n’a pas bien dilué son lavis. La légèreté est précisément ce qui nous intéresse pour le rendu de la végétation puisque cette couleur rend parfaitement les lumières sur un feuillage brillant, dont le rendu nécessite des valeurs faibles, froides, un peu argentées si on lui ajoute un soupçon de rouge.Pour cette rosette d'Echeveria qui n'est pas brillante mais plutôt glauque, l'emploi du Viridian se justifiait sans même qu'il soit utile pour "l'argenter", de le casser de rose.

Quelques Verts minéraux
Quelques Verts minéraux

Le Viridian est très solide à la lumière. Bien sûr, je ne l’utilise jamais pour obtenir un vert foncé.

Sur une surface de feuille mouillée à l’eau pure il peut être posé un peu partout sans inconvénient puisque toutes les autres couleurs qu’on y fera fuser seront plus intenses, même pour un contrejour où elles sont chaudes et claires car on peut toujours réchauffer un vert léger et froid par l’apport de jaune ou d’un vert pimpant. Avec ce Viridian on peut aussi revenir en glacis légers après coup sur les zones claires.

Vous trouverez ce PG18 le plus souvent sous l’appellation Viridian, Vert émeraude ou Vert émeraude véritable :

  • C’est le Vert émeraude n° 692 chez Winsor et Newton
  • Le Vert émeraude n° 261 chez Blockx
  • Chez Sennelier le PG18 n’existe pas en couleur monopigmentaire : le n° 837 (Vert émeraude véritable) contient en fait un peu de PG7 (vert de phtalocyanine), cela le rend sans doute plus facile d’emploi mais pour l’aquarelle botanique, il perd un peu sa spécificité et donc s’avère moins intéressant. C’est la même chose pour le n° 511 de chez Schmincke.

Le Vert oxyde de chrome PG 17, s’il paraît très semblable par sa composition réagit en fait très différemment. Il n’est pas utile avec lui de touiller beaucoup pour avoir un lavis très uniforme et sombre ! Ce vert très sourd arrive même trop vite ! Je m’en sers souvent pour « plomber » une couleur parce qu’un vert trop lumineux et transparent n’est pas toujours souhaitable pour le rendu réaliste du feuillage.

L’aspect mat d’une feuille velue ou pubescente n’est pas facile à rendre avec les pigments organiques de synthèse à base de Phtalocyanine comme le vert de vessie ou le vert de Hooker. Le vert oxyde de chrome permet de densifier un vert comme le vert de vessie très rapidement.

Souvent, il n’est pas souhaitable de l’utiliser tel quel car il est assez terne malgré tout, mais il m’arrive aussi de l’utiliser comme base bien dilué pour des revers de feuille comme ici sur ces études préliminaires du Clivia.

A droite, toutes les couleurs ont été lestées avec un peu de vert oxyde de chrome.

A droite, toutes les couleurs ont été lestées avec un peu de vert oxyde de chrome.

  • Chez Sennelier , c’est le Vert oxyde de chrome n° 815
  • Chez Winsor et Newton c’est le Vert oxyde de chrome n° 459
  • Chez Schmincke, c’est le Vert oxyde de chrome n° 512
  • Chez Blockx, c’est le Vert de chrome n° 262

Je ne me risquerai pas à vous parler d’autres verts minéraux que je pratique peu, cependant ils existent ; ce sont principalement les Verts de Cobalt, et la Terre verte.

L’ancien vert Véronèse était un pigment minéral très dangereux, un Arseniate de cuivre, il a souvent été remplacé par un POS (Pigment organique de synthèse) dont je vous ai parlé la dernière fois : le PG 36.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 18:46
Scabre, scarieux, hyalin

Un nouvel apport pour ma rubrique "Mots de Bota" sur trois adjectifs qu'on trouve dans les Flores :

Scabre, rude, râpeux au toucher. Ce sont souvent une tige ou une arête qui accrochent quand on passe le doigt du fait de la présence de mini aspérités disposées en biais. Les tiges triquètres et coupantes de certains Carex, les arêtes qui carènent les épillets de graminées sont parfois scabres. Le bord des feuilles de la Garance voyageuse l'est également.

Scabre, scarieux, hyalin

Les tiges et rameaux riches en silice des prêles sont scabres et servaient d’ailleurs d’abrasif autrefois!

Scarieux, s’emploie pour des parties d’une plante qui sont membraneuses, sèches et un peu translucides, jamais vertes mais plutôt parcheminées.

Chez les scirpes, les carex, les bractées sont souvent scarieuses.

Un bel exemple se trouve sur la Leuzée conifère ou encore le Catananche, deux astéracées du Midi dont les bractées du capitule présentent cet aspect à la fois coriace et délicat.

Certaines bractées argentées forment de fausses ligules comme autour du cœur de la carline acaule : elles sont scarieuses également ainsi que les stipules foisonnants de la Paronyque argentée qui de par leur finesse sont déjà (pour moi) presque hyalins !

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

Scabre, scarieux, hyalin

Hyalin a le même sens mais donne une idée de fragilité et de transparence plus nette. C’est le cas des gaines « diaphanes » qui enveloppent les feuilles du crocus ou de l’Iris réticulé (ci-dessus) ou d’autres bulbeuses car ces gaines fragiles sortant d’un bulbe sont à l’origine des tuniques externes dans le bulbe. Les spathes des narcisses deviennent souvent hyalines en séchant, prennent une allure de papier de soie et tombent assez vite. Dans les descriptions des flores et souvent au sujet des capitules d’astéracées, on parle de bractées à marges hyalines quand les bords en s’amincissant deviennent translucides, presque transparents et se déchirent très facilement.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 17:48

La planche du Volubilis est finie ! Si vous avez suivi les différentes étapes sur ce blog, vous la connaissez déjà bien et le résultat final ne vous causera guère de surprise !

J’ai ajouté un petit fruit, une capsule, d’après des photos de mon commanditaire car mon Ipomoea indica ne produit pas de capsules dans la contrée trop nordique où j’habite.

Volubile, Volubilis

Et puisque Volubilis en latin signifie « qui tourne aisément », j’en profite pour évoquer brièvement ce mot de volubile pour ma rubrique « Mots de bota ».

Une plante volubile possède la capacité d’enrouler sa tige autour d’un support ; elle ne se sert d’aucun autre moyen pour grimper, ni vrilles ni crampons. Elle possède une capacité formidable du bout de sa tige qu’on nomme la flèche, à osciller à la recherche d’un support sur lequel elle pourra commencer à s’enrouler. C’est le mécanisme compliqué de la circumnutation, sur lequel les scientifiques se sont beaucoup penchés.

Le premier de ces savants fut Charles Darwin qui à la fin de sa vie étudia en chambre les comportements de plants de Houblon, d’Ipomée, de Haricot d’Espagne et de Liseron. Il note par exemple que le Volubilis dont l’enroulement est dextre, (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre), est plus lent que le Houblon qui lui, est senestre (comme également le Chèvrefeuille). Ces termes de dextre et senestre prêtent beaucoup à polémique suivant que l’on se place de l’extérieur ou dans la spirale !

Volubile, Volubilis

Pour moi (et pour une partie de ces scientifiques…) qui me place au dehors, le Chèvrefeuille tourne donc dans le sens des aiguilles d’une montre. Il a la force nécessaire quand il prend de l’âge pour étrangler le support qu’il a choisi car ce dernier, lui aussi, continue à grossir. On rencontre parfois des arbustes déformés en pas de vis comme sur cette illustration au brou de noix que j’avais réalisé pour un Almanach des fleurs sauvages (Terre sauvage/Delachaux et Niestlé).

Ma catégorie "Mots de bota" compte à ce jour une vingtaine d'articles, vous la trouverez dans la colonne de gauche.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 17:44

L’automne dernier, j’ai eu une commande un peu particulière, d’une aquarelle destinée à un passionné des Cérambyx. Il s’agit de la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina).

Ce coléoptère de la famille des Cérambycidés, emblématique par sa beauté de forme et de couleurs, n’est pas facile à observer. Il mesure environ 3 cm de long. Malgré son nom, il n’est pas uniquement inféodé aux terrains montagnards mais sa larve vit volontiers dans du hêtre mort et comme le hêtre apprécie bien les forêts d’altitude où l’entretien est peut-être moins soutenu, il n’est pas surprenant que cette espèce soit associée en premier lieu aux Alpes. Toutefois, il est reconnu que sa répartition suit le cours de la Loire jusqu’à Nantes et l’amateur chez qui se trouve maintenant mon aquarelle a finalement trouvé ses premières Rosalies dans le marais poitevin !

Il a eu bien de la chance car ces longicornes vivent longtemps (plus de 2 ans) sous forme de larves mais seulement une dizaine de jours en été comme adultes !

Les larves n’occupent pas seulement le hêtre mais aussi bien d’autres feuillus pour peu qu’elles trouvent du bois mort. Malheureusement de nombreuses larves sont détruites, les femelles ayant fait la terrible erreur de pondre dans des coupes de bois de chauffage !

Bien sûr, cet insecte est protégé au niveau national et la capture des adultes est interdite.

Rosalie des Alpes

Les insectes en général sont souvent brillants d’aspect ; cela est sans doute du à la cuticule rigide qui les protège mais chez certaines espèces cette cuticule semble couverte d’un duvet fin ; ce duvet est bleu cendré chez la Rosalie des Alpes dont les élytres portent en outre trois taches d’un beau noir velouté. Les antennes de la Rosalie sont remarquables, ornées de touffes de soies noires sur chaque article. Chez le mâle les antennes sont un plus longues ; il se trouve ici à gauche, un petit peu plus élancé et à peine plus coloré que la femelle à droite.

Les couleurs qui m’ont servies sont surtout le Bleu de Cobalt, une pointe de Winsor green blue shade pour rendre le bleu un peu plus ceruleum et aussi le Gris de Davy pour éteindre un peu mes bleus clairs. Je n’ai pas de Gris de Payne ; pour faire des noir bleutés j’aime bien couper de l’Indigo avec du Caput Mortum violet.

Rosalie des Alpes

J’ai choisi de représenter mes Rosalies comme si elles étaient posées sur la feuille de papier avec une légère ombre portée (en gris de Davy) pour donner du relief; en réalité je n’imaginais pas de créer un fond qui aurait nui à la clarté des formes et je voulais juste que le mâle et la femelle croisent leurs antennes pour l’agrément de la composition bien qu’en réalité il paraît qu’ils ne prennent guère de temps pour se séduire !

Rosalie des Alpes

J'ajoute aujourd'hui une photo de la femelle prise par le destinataire de ces Rosalies qui m'autorise à clore ainsi mon article! Merci Jean!

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 11:51
Les Verts de Phtalocyanine

Le pigment de phtalocyanine est un pigment organique de synthèse (POS) d’invention assez récente (1938); il est utilisé pour les couleurs froides échelonnées entre le bleu et le vert. Il donne des couleurs transparentes qui teintent le papier ; il ne permet donc pas beaucoup de repentirs. Très résistant à la lumière, il a supplanté certains pigments traditionnels transparents mais les pigments minéraux de synthèse (PMS), qui ont des propriétés différentes, parviennent à se maintenir (ce sera le sujet d’un prochain article).

Il existe 2 pigments pour les bleus, PB 15 et PB 16 (B pour blue), dont je ne vais pas parler et 2 autres pour les verts qui sont :

  • La phtalocyanine de cuivre chlorée (PG7)(G pour green) qui nous donne un vert émeraude très intense et froid .
    • Par exemple le Winsor green blue shade (Vert Bleu Winsor n° 719 chez Winsor et Newton).
    • Chez Schmincke, c’est le Vert Phtalo n° 519.
    • Chez Daler-Rowney, c’est le Vert Phtalo n° 361 dans la série artistes ou encore le Viridian hue n° 382 dans la série plus ordinaire (Attention hue signifie « nuance de », le vrai Viridian n’est pas à la phtalocyanine, c’est un PMS).
    • Chez Blockx, c’est le vert Blockx n° 163.
    • Chez Sennelier, PG7 n’existe pas tel quel en aquarelle.
  • La phtalocyanine de cuivre bromé (PG36) qui donne un vert un peu plus chaud.
    • Par exemple le Vert Winsor nuance jaune (n° 721 chez Winsor et Newton).
    • Le Vert Véronèse (n° 847 chez Sennelier), et le Vert Sennelier (n° 817).
    • Chez Blockx, c’est le vert Phtalo n°165.
    • Chez Schmincke, c’est le n° 514, appelé Vert Helio.
    • Chez Daler-Rowney, PG36 n’existe pas tel quel.
Les Verts de Phtalocyanine

Le Winsor green blue shade, en mélange avec le Rouge de Cadmium et très dilué donne un agréable ton de fond pour le feuillage. Il ne restera que sur les parties brillantes.Les 2 autres verts, Vert de Hooker et Vert de Vessie permanent, interviennent en glacis.

Les Verts de Phtalocyanine

Quel que soit notre fournisseur, ces différentes couleurs du PG7 étant monopigmentaires, elles devraient être prioritaires dans nos palettes car en les mélangeant avec des jaunes et des rouges, nous pouvons retrouver toutes les autres nuances de vert partant de celles là.

Nous pouvons choisir de leur donner du corps en les mélangeant avec des pigments minéraux plus opaques par exemple le jaune de Naples, comme dans l’involucre de bractées de mon anémone Marianne en tête d'article et dont la palette se trouve ci-contre. On peut au contraire vouloir garder la transparence en choisissant d'ajouter plutôt d’autres pigments organiques de synthèse jaunes et roses.

Cependant, à propos du PG36, j’avoue ne pas posséder le Vert Winsor nuance jaune et mon emploi du vert Véronèse de chez Sennelier est récent. C’est incontestablement le PG 7 qui me sert le plus en raison de sa très grande amplitude de valeur : en mélange avec des couleurs à la quinacridone, il peut donner de très légères nuances bleutées ou rosées sans du tout granuler, et en concentrant fortement les pigments on obtient aisément un vert très sombre.

Les verts « moyens » comme le vert de Hooker ou le Vert de vessie sont en fait des mélanges de pigments avec la phtalocyanine qu’il est possible de réaliser soi-même mais je dois préciser qu’ils font pourtant beaucoup d’usage sur ma palette !

Le Vert de Hooker :

A ma grande confusion, je me suis rendu compte qu’il s’agissait effectivement d’une invention de William Hooker (le père de Joseph Dalton Hooker dont j’ai parlé dans mon dernier article) et depuis le temps que j’utilise ce vert, j’avoue que je l’ignorais ! En tant qu’illustrateur de botanique, il trouvait que manquait un vert assez foncé plus chaud de nuance que le vert émeraude et il lui vint à l’idée de mélanger le Bleu de Prusse (PB 27, ferrocyanure ferrique) avec la vraie Gomme gutte qui n’existe plus. John Sell Cotman a lancé ce vert de Hooker, mais cette couleur, plus récemment devint d’abord un vert nitrosonaphtol (PG 8), avant que les fournisseurs ne décident de recourir à l’inévitable phtalocyanine.

Prenons l’exemple de Sennelier, le Vert de Hooker résulte du mélange du PG 36 avec le Jaune Sennelier clair (PY153) (Y pour yellow), qui est un jaune minéral (Dioxine de Nickel) existant sous le n° 578 de Sennelier ; c’est donc typiquement le mélange qu’on peut faire soi-même sur la palette si on a aussi le Vert Sennelier n° 817.

Chez les autres fournisseurs, ce serait trop long de détailler mais ce sont presque toujours des mélanges qu’il est possible d’obtenir et comme le temps où certains pigments s’avéraient incompatibles dans les mélanges est presque fini, et que le vert de Hooker, tel quel, est toujours trop cru à utiliser pour la végétation, on pourrait à la limite se passer de sa présence, alors que le PG7 est tout aussi basique pour nous que les trois vraies couleurs primaires.

Les Verts de Phtalocyanine

Le Vert de Hooker me sert principalement pour obtenir des verts très foncés en mélange avec du rouge ou de la Terre de Sienne brûlée, mais aussi pour ombrer des fleurs blanches : en mélange avec le magenta ou le rose permanent, comme vous voyez ci-dessus sur cette petite fleur de Pommier car ce même mélange partant du vert émeraude donnerait des tons trop bleutés. Partant du Vert de vessie permanent, par contre il devient vite trop marron, il faut bien équilibrer son dosage…

Le Vert de Vessie : (synonyme du Sap green en anglais)

Pour la petite histoire, autrefois le vert de vessie résultait du suc tiré d’un petit arbre de chez nous, le Nerprun purgatif (Rhamnus catharticus), additionné de chaux, de gomme arabique et quelquefois d’alun (source : Répertoire des couleurs d’Oberthür). Il était vendu conditionné dans de petits contenants en vessie de porc, d’où son nom.

Je le trouve, sous sa forme de Vert de vessie permanent chez Winsor et Newton (à base de PG36), très utile sur la palette tout simplement parce qu’il fait gagner du temps. Mais il ne ressemble pas au Vert de vessie traditionnel, il est trop pimpant ! Le Vert de vessie n° 819 de chez Sennelier (PB 29 + PY 153), ne contient pas de Phtalocyanine; c'est un mélange que je fais parfois à base d’Outremer français cassé de jaune. Comme l’Outremer se situe sur la roue des couleurs pas très loin des violets, cela donne un vert un peu rompu qui doit ressembler davantage au vert de vessie d’autrefois.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 17:41
Pavots de l'Himalaya

En me promenant dans les ouvrages de botanique du 19ème siècle, j'ai découvert que le fameux voyage de Joseph Dalton Hooker avait donné lieu à de nombreuses publications avec à la clé de très belles planches lithographique dont je vous ai déjà parlé à propos des Rhododendrons. Voir là :

http://www.aquarelle-bota-clairefelloni.com/article-les-rhododendrons-un-peu-d-histoire-et-de-botanique-104415624.html

Ces lithographies sont souvent de Walter Hood Fitch, ou gravées à postériori d’après les siennes ; elles détaillent des genres emblématiques du Népal, du Sikkim et de la chaine himalayenne comme les Rhododendrons ou par exemple les Pavots, qui, en réalité, sont des Méconopsis !

Pour Meconopsis nepalensis, J.D.Hooker rédige une courte notice dans l’ouvrage « Illustrations of himalayan plants » : « Cette superbe plante, vue à quelque distance, ressemble à une petite rose trémière. Elle a été découverte dans le Népaul par les collecteurs du docteur Wallich, et je l’ai trouvée dans les vallées intérieures humides du Sikkim… ».

C’est plutôt Meconopsis nepaulensis qu’il convient de le nommer aujourd’hui, théoriquement, il devrait toujours être jaune et son habitat naturel serait limité au centre du Népal, mais une grande confusion a régné longtemps sur ces pavots himalayens et il en reste sans doute des malentendus dans les affichages des jardins.

Pavots de l'Himalaya

On retrouve le nom du Dr Wallich sur Meconopsis wallichii, dont je vous montre la représentation dans la Flore des Jardins de l’Europe de Van Houtte, mais il est bien dommage de constater que la belle couleur bleu tendre décrite dans le commentaire a fâcheusement viré au gris sur la lithographie de l’époque ! Ce Meconopsis wallichii, décrit par Joseph Dalton Hooker en 1852 fut pendant un temps reclassé sous le groupe de M.nepaulensis mais depuis une reclassification de 2006, il a repris sa légitimité.

Pavots de l'Himalaya

Dans le tome 4 de la "Belgique horticole", on retrouve ce beau pavot bleu ciel et cette fois-ci avec une couleur sans doute trop cæruleum car il est décrit comme très pale, (il est associé sur cette image au Papaver pilosum qui pour nous est hors sujet puisque cette plante est grecque!).

Le Pavot bleu de l’Himalaya que nous connaissons dans les jardins actuellement, d’un magnifique bleu azur, ne correspond pas au Méconopsis de Wallich ; il s’agit en général de Meconopsis betonicifolia, peut-être découvert et nommé plus tardivement car je n’ai pas encore trouvé de gravure ancienne à son sujet.
Pavots de l'Himalaya

J.D.Hooker a publié avec le Dr Thompson une « Flora indica » dans laquelle on retrouve nombre de ces belles himalayennes comme par exemple Meconopsis simplicifolia, très commun sur les endroits rocheux et pierreux au dessus de 3600m d’altitude, où elle résiste aux vents violents et aux tempêtes. Cette espèce reste très distincte encore de nos jours avec sa rosette de feuilles simples et sa fleur solitaire. (illustration reprise dans « L’Illustration horticole », tome 3, 1856)

Pavots de l'Himalaya

Concernant la dernière planche sur le Meconopsis aculeata, que j’ai trouvée dans un ouvrage de John Forbes Royle, édité en 1840, c’est un peu un mystère car le rouge de la fleur ne correspond en rien aux descriptions postérieures de cette espèce, originaire du Nord-Ouest de l’Himalaya, toujours bleu azur ! Pourtant la silhouette avec une grappe de fleurs et des feuilles profondément découpées reste valable. Peut-être faut-il comprendre que l’espèce nommée ainsi de nos jours ne représente qu’une partie d’un groupe « Aculeatae » plus large. Voir à ce propos:

http://www.meconopsis.org/spages/classifspecies.html

Une anecdote pour finir: le dessinateur indien qui signa le dessin d’origine de ce dernier Méconopsis a été identifié, il s’appelait Vishnupersaud et travaillait pour un salaire de misère comme simple employé au jardin botanique de Calcutta. Son nom figure d’ailleurs en bas à gauche des planches. Il a réalisé de très nombreuses illustrations, (aussi pour le Dr Wallich); les lithographies furent réalisées d’après ses aquarelles à Londres au retour de Royle. Voir:

Illustrations of the botany and other branches of the natural history of the Himalayan Mountains :and of the flora of Cashmere /by J. Forbes Royle.
Publication info: London :Wm. H. Allen,1839.

Et pour finir, tout de même, je n'oublie pas de vous souhaiter à tous une très belle année 2015, pleine d'aquarelles, de plantes, et d'aquarelles de plantes!

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 18:04
Volubilis 3
Volubilis 3

Ma planche sur le Volubilis (Ipomoea indica) avance bien.

Pour cet article je me suis amusée à faire des photos d’étape sur une corolle avec mon smartphone. Vu la faible luminosité de ces derniers jours, les photos ne sont pas fameuses mais les 3 stades vous donnent quand même une petite idée de la façon dont j’aborde la chose !

Dans la première étape où je pose des couleurs sur la surface humide, vous pourrez peut-être deviner que j’ai laissé un mince filet de papier sec qui fait barrage aux pigments de façon à pouvoir pousser des nuances chaudes saumonées, au fond du cornet sans que celles-ci ne débordent à droite sur le plan de la corolle en raccourci.

Le rose plus soutenu des sillons est posé tout à la fin quand le fond commence à sécher au pinceau fin peu chargé d’une couleur assez dense et en allant du cœur vers le bord.

Volubilis 3

Dans la seconde étape, je commence à poser des glacis en balayages avec mon pinceau effrangé, avec des mélanges de Bleu de Cobalt et de Violet de Cobalt dont les dosages varient.

Volubilis 3

Ce n’est que progressivement que j’apporte plus de contraste, parfois aussi avec des touches plus larges posées en travers de mes lignes fines mais dans ce cas il faut que le gros pinceau soit très peu chargé de couleur assez diluée.

Voilà donc où j’en suis, les corolles sont toutes installées, j’attends un peu pour apporter des détails au cœur ; les étamines et le pistil doivent rester très clairs et discrets. Au pied de chaque fleur, il y a un fouillis de bractées rougeâtres autour des calices qu’il ne faut pas négliger.

La planche est encore un peu pâle mais j’y vais doucement et pour la contraster davantage il vaut mieux avoir tout mis en place et prendre du recul avec une bonne lumière du jour surtout !

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 18:39
le Souci (Calendula arvensis)
le Souci (Calendula arvensis)

Une plante Annuelle boucle tout son cycle de végétation dans une seule année, de la graine qui s’enracine à la graine qui est produite avant les grands froids de l’hiver, durant lequel il ne reste aucune feuille ni racine en principe. Une vraie annuelle commence sa floraison en mai-juin et les fleurs se succèdent tant qu’il ne fait pas trop froid !

J’ai trouvé dans mes cartons quelques illustrations d’annuelles moins connues que les Coquelicots et Bleuets comme par exemple le Souci (Calendula arvensis), le Fumeterre officinal (Fumaria officinalis), la Bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris) ou encore la discrète Guimauve hirsute (Althaea hirsuta).
la Bourse à pasteur
la Bourse à pasteur

En novembre, j’ai encore quelques nigelles en fleur bien qu’elles soient fort petites. Je sais qu’elles se ressèment toutes seules et je me demande s’il peut y avoir plusieurs générations sur ma plate-bande dans la même année. La période de dormance nécessaire pour qu’une graine germe de nouveau est-elle compatible avec ce cas ?

Pour la Bourse à pasteur, ci-contre, cela ne m'étonnerait pas!

Des messicoles telles que la nigelle ou le bleuet, la nielle sont en fait des « annuelles d’hiver » ; il est bon qu’elles commencent leur cycle en automne ou en hiver, voir cet article sur Tela botanica :

http://www.tela-botanica.org/page:plte_messicole?langue=fr
le Fumeterre officinal
le Fumeterre officinal

En les semant au printemps, on court le risque qu’elles fleurissent moins bien voire même qu’elles meurent avant la floraison car un froid hivernal leur est nécessaire. L’an dernier mes pavots, semés à l’automne précédent ont été superbes !

Annuelles, bisannuelles

Les annuelles ne sont pas capables de stocker durablement les substances de réserve produites par la fonction chlorophyllienne, car elles ne possèdent pas d’organes adaptés pour cet usage (bulbes, rhizomes et tubercules).

Deux années pour la Carotte !
Deux années pour la Carotte !

Si le cycle végétatif nécessite 2 ans, il s’agit de Bisannuelles comme la Carotte.

Les bisannuelles passent souvent l’hiver sous forme de bourgeons voire d’une rosette qui offrent moins de prise au gel. En terre subsiste un système racinaire plus ou moins efficace pour constituer des réserves qui serviront à produire une belle floraison la deuxième année.

Là aussi, la période de froid que subit la plante est importante pour son fleurissement futur : c’est la vernalisation.

Annuelles, bisannuelles

Les Bisannuelles meurent à la fin de leur cycle de 2 ans mais comme ce sont souvent des populations de plusieurs pieds dont l’évolution s’est décalée dans le temps, nous n’en prenons pas vraiment conscience.

la Vipérine
la Vipérine

De nombreuses plantes qualifiées d’annuelles peuvent se comporter en vivace si le climat (un hiver doux) le permet. La résistance de leurs parties aériennes au froid est déterminante. La formation des graines reste une garantie de survie et c’est la reproduction par graines qui permet d’éviter l’appauvrissement génétique d’une population.

A l’inverse, de nombreuses plantes qui sont vivaces dans leur région d’origine à climat chaud ne pourront survivre au jardin qu’en tant qu’annuelles (le volubilis sera plus vivace dans le midi et plutôt annuel au Nord de la Loire).

le Bouillon blanc
le Bouillon blanc
Dans la flore sauvage de France, la majorité des herbacées sont des vivaces et heureusement car ce sont celles qui résistent le mieux aux mauvais traitements que nous leur faisons subir ; les vraies bisannuelles sont moins fréquentes : citons les Molènes (par ex. le Bouillon blanc), l’Oenothère ou Herbe aux ânes (Oenothera biennis), la Vipérine (Echium vulgare), la Digitale (Digitalis purpurea).

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Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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