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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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Pivoines de Sourches

Pour voir l'article du blog, pour acquérir un print numéroté et signé de mes aquarelles de Pivoine du Château de Sourches, cliquez  

 

24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:20

Puisque c’est vraiment la saison où nous pouvons les voir tous les trois au bord des chemins, j’ai eu envie de vous parler de ces modestes plantes qui ne font pas souvent la une et qui sont très communes car elles ne craignent pas les nitrates : les Lamiers.

Moi qui aime bien détailler les fleurs à la loupe je leur ai toujours trouvé une allure amusante car elles se cachent sous un casque dont la visière rabattue cache leur intimité. Lamium vient du grec laïmos qui signifie gosier ; les abeilles soulèvent le casque et viennent fouiller au fond de ce gosier largement ouvert. La tige est de section carrée. Sur les boutons floraux, le casque bien refermé forme une perle toute ronde.

Trois lamiers

C’est le Lamier blanc (Lamium album) qui se remarque le plus car il est de plus grande taille ; quand il n’est pas en fleur, on hésite à le toucher : ses feuilles fortement dentées ressemblent à celles de l’Ortie et c’est pour cette raison qu’il se nomme aussi Ortie blanche. C’est celui qui le plus a été représenté car on se soignait avec et on le consommait dans les campagnes.

Lamium purpureum, le Lamier pourpre
Lamium purpureum, le Lamier pourpre

Le Lamier pourpre (Lamium purpureum) est le plus commun et le plus précoce, il fleurit partout dès que l’hiver marque le pas ; ses petites feuilles larges et lavées de pourpre forment une tête qui se repère presque plus vite que les fleurs.

Lamium galeobdolon, le Lamier jaune
Lamium galeobdolon, le Lamier jaune

Le Lamier jaune (Lamium galeobdolon) est un peu moins fréquent, quelques petits points rouges décorent la lèvre inférieure de la fleur ; ses feuilles sont parfois maculées de taches blanchâtres. Il aime bien les sous-bois.

J’avais figuré ces 3 lamiers ainsi que l’Ortie en comparaison pour une rubrique d’un almanach de nature de La Martinière.

J’avais figuré ces 3 lamiers ainsi que l’Ortie en comparaison pour une rubrique d’un almanach de nature de La Martinière.

Le Lamier d'après nature par Hans Weiditz
Le Lamier d'après nature par Hans Weiditz

J’ai eu envie de chercher des illustrations anciennes réalisées pour de célèbres ouvrages, les voici :

Dans le célèbre « Herbarium vivae eicones » d’Otto Brunfels, imprimé en 1530, une des premières représentations d’un lamier d’après nature et non pas d’après des documents plus anciens, c’est une gravure sur bois d’après des dessins de Hans Weiditz.

Ce beau fragment d’une gravure de Pierre-Joseph Redouté est issue du tome 21 d’un ouvrage de 1805 : « La Botanique de Jean-Jacques Rousseau ».

Ce beau fragment d’une gravure de Pierre-Joseph Redouté est issue du tome 21 d’un ouvrage de 1805 : « La Botanique de Jean-Jacques Rousseau ».

Le Lamier d'Auguste Faguet
Le Lamier d'Auguste Faguet

Dans le tome 11 de l’Histoire des plantes, de H.Baillon (1891-1892) deux extraits d’une planche d’Auguste Faguet sur la structure des lamiers.

Gros plan sur une corolle de Lamier par Auguste Faguet.
Gros plan sur une corolle de Lamier par Auguste Faguet.
On comprend bien sur ces illustrations la corolle zygomorphe des labiées en général. J’avais expliqué la zygomorphie dans un article de « Mots de Bota » c’est à revoir là.
Published by Claire Felloni - dans Flore
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 15:39

La prochaine planche botanique que je vais réaliser devra faire figurer côte à côte deux petites printanières des talus, la Corydale solide (Corydalis solida) et la Corydale creuse (Corydalis cava).

La première est assez commune par endroit et j’ai la chance d’en trouver tout près de chez moi le long de la Sarthe ; la seconde en revanche est plus difficile à trouver mais je pense l’avoir vue dans la région d’Annecy et je dois bientôt confirmer mon identification de l’an dernier sur le terrain !

C’est le bulbe qui est plein dans la C. solida et creux dans la C. cava. L’autre différence notable se trouve dans les bractées situées à l’aisselle de chaque fleurette ; celles de la Corydale solide sont de petits éventails digités. Les deux plantes ne dépassent guère 20 cm à la floraison et pour meubler ma planche, il faudra figurer des détails et coupes de fleurs, puis de fruits, et une coupe sur le bulbe.

Détails pour la Corydale solide

Détails pour la Corydale solide

Ma loupe éclairante
Ma loupe éclairante

J’ai découvert les vertus de la loupe éclairante pour étudier ces petits détails dans mes études préliminaires et même si jusque-là j’avais pu m’en passer (étant myope ma vue de près était très bonne), l’âge venant, cet outil est devenu indispensable ! Il faudra tout de même que je sois attentive à la température des couleurs car il me semble que cette lumière très blanche les durcit et bien sûr une lumière du dessus écrase les contrastes. Je reste toujours convaincue que rien ne vaut une source de lumière naturelle et latérale pour rendre une plante vivante et qu’on la perçoive bien en volume.

Corydale à la loupe

La loupe éclairante donne une vision purement scientifique où ne figure guère que la « couleur propre », c’est-à-dire dépouillée des valeurs d’ombres et de lumière qui s’y ajoutent pour rendre le volume.

Pour finir je vous rappelle que j’anime encore quelques stages ce printemps, celui du Mans début Mai est déjà bien rempli mais un autre week-end au Moulin de Seillant qui s'intéressera plus particulièrement à la flore printanière des environs du moulin, est programmé les 21 et 22 Mai.

Les conditions sont visibles sur l'affiche ci-dessous. Nous en sommes à 3 inscriptions; même si je peux mieux m'occuper de chacun, 3 c'est un peu juste et ce serait bien dommage d'y renoncer car le lieu et la formule en demi-pension sont très attrayants ! Contactez-moi si cela vous intéresse et je vous renverrai sur le mail de la présidente de l’association.

Corydale à la loupe
Published by Claire Felloni - dans Illustration Petites leçons
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 10:23
Le monotrope sucepin
Le monotrope sucepin

Je vous transmets ces quelques révisions qui m’ont été utiles !

Le Monotrope sucepin est une plante parasite sur les racines d’arbres divers dont le pin. Voici la définition d’une plante parasite d’après la Flore vasculaire de Basse-Normandie de Michel Provost : « Plante totalement dépourvue de chlorophylle ne devant sa subsistance qu’à des prélèvements de matière organique opérés sur d’autres êtres vivants », avec 3 exemples, le Monotrope, mais aussi les Orobanches et la Cuscute.

Il existe beaucoup d'espèces d'orobanches, leur détermination n'est pas facile bien qu'elles aient chacune leur plante-hôte préférentielle !

Il existe beaucoup d'espèces d'orobanches, leur détermination n'est pas facile bien qu'elles aient chacune leur plante-hôte préférentielle !

Mon illustration de la Cuscute du thym ici grimpant dans de l’Ajonc montre en coupe grossie les suçoirs qui pénètrent jusqu’au cœur de la tige.

Mon illustration de la Cuscute du thym ici grimpant dans de l’Ajonc montre en coupe grossie les suçoirs qui pénètrent jusqu’au cœur de la tige.

La Lathrée clandestine
La Lathrée clandestine

La Lathrée clandestine est également une plante parasite sur les racines de peupliers, aulnes et saules. Elle forme au pied de ces arbres de superbes coussins roses très surprenants. On note chez toutes ces plantes que les feuilles sont réduites à de petites écailles discrètes et pâlottes puisqu’elles ne sont pas utiles pour la photosynthèse.

Un hémiparasite: le Gui
Un hémiparasite: le Gui

J’ai choisi pour la plante hémiparasite, la définition donnée par Bernard Boulard dans son Dictionnaire de Botanique : « un végétal supérieur qui, encore pourvu de chlorophylle mais en quantité insuffisante, ne prélève aux dépens de son hôte qu’une partie des aliments organiques dont il a besoin pour vivre ».

L’exemple cité est le Gui (Viscum album), c’est le plus connu mais on peut ajouter que nombre de plantes de la famille des scrophulariacées sont dites hémiparasites : le Rhinante, le Mélampyre, les Pédiculaires, les Parentucelles et les Euphraises, entre autres. Leurs racines se sont transformées en suçoirs pénétrant dans les racines d’une autre plante pour y puiser de la sève brute.

Une hémiparasite: la Pédiculaire
Une hémiparasite: la Pédiculaire

La différence la plus visible avec les vraies plantes parasites est donc que les hémiparasites sont capables d’une photosynthèse normale, leurs feuilles sont vertes et en dehors du gui dont la position est aérienne pour les autres qui s’attaquent aux racines de leur plante-hôte, il est bien difficile de deviner qu’elles sont hémiparasites !

Une mycohétérotrophe: la Néottie nid d'oiseau
Une mycohétérotrophe: la Néottie nid d'oiseau

Quant aux plantes saprophytes, la Nouvelle Flore de Belgique donne une définition qui au premier abord semble très claire : « Plante dépourvue de chlorophylle, tirant de l’humus les substances nécessaires à sa vie, généralement par l’intermédiaire d’un champignons vivant autour de ses racines ou dans celles-ci ». Il n’y a pas de suçoirs, mais une sorte de symbiose avec les filaments végétatifs d’un champignon associé aussi aux racines d’un feuillu particulier(Mycorhize). La Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis) a longtemps été considérée comme un exemple de plante saprophyte, avec aussi d’autres orchidées repérables par l’absence de feuillage vert telles le Limodore où l’Epipogon. Les autres orchidées de France sont chlorophylliennes et donc ne restent dépendantes de la présence d’un champignon au niveau de leurs racines que pour assurer la germination des graines. Cependant on considère maintenant que le vrai saprophyte est le champignon qui décompose la litière forestière et qu’en fait l’orchidée parasite ce champignon… Et on emploie maintenant pour ces orchidées le terme de mycohétérotrophe.

Beaucoup d'autres termes spécifiques à la Botanique font l'objet de 22 articles différents dans ma catégorie "Mots de Bota" (lien dans la colonne de gauche) avec bien sûr des illustrations issues de mes anciens travaux pour les éditions Gallimard, Delachaux et Niestlé et Nathan.

Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 17:12

L’an dernier j’ai eu une commande d’illustration pour un poster mettant en scène la faune des eaux vives de l’Orne pour la Sattema.

La Sattema, c’est le Service d’Appui Technique aux Traitements des Eaux et aux Milieux Aquatiques, qui dépend en fait du Conseil départemental de l’Orne.

Une photo de mon original, d'un format 40 x 50 cm, sur Arches satiné 300gr.

Une photo de mon original, d'un format 40 x 50 cm, sur Arches satiné 300gr.

Il fallait donc montrer à la fois ce qui pouvait être observé dans l’eau et sur les rives d’un cours d’eau pas pollué (ou le moins possible…) comme le Sarthon ou la Rouvre par exemple. Bien sûr, il y a là une vision un peu idéalisée car la loutre, si elle est maintenant surement présente par endroits dans le département n’est pas du tout commune ; et la mulette perlière est rarissime sinon disparue. Mais enfin, si cela peut contribuer à faire prendre conscience au public de l’importance de la qualité des eaux, et si cela peut faire réaliser à certains riverains de ces précieux petits cours d’eau propre à quel point ils sont chanceux et combien il importe de maintenir cet état de choses, tout le monde y gagnera !

Le scan d'un détail plus fidèle en couleurs que mes photos!

Le scan d'un détail plus fidèle en couleurs que mes photos!

A propos de la mulette perlière (Margarita margaritifera), il ne faut pas la confondre avec des moules d’eau douce du genre Unio qui sont beaucoup moins rares. Son cycle de reproduction est très compliqué et si elle arrive au stade adulte, elle vit cent ans ! Le plus important serait donc d’en voir des jeunes, pour être rassuré sur la pérennité de cette mulette mais hélas, c’est rarement le cas dans l’Orne.

La recherche des perles qu’elle est susceptible d’abriter (une perle sur mille mulettes environ) a causé de vrais gâchis dans certaines régions de France où elle abondait autrefois. Les perles étaient bien moins régulières que celles que nous connaissons, de culture, mais Marie de Médicis les a trouvées suffisamment à son goût pour en exiger une quantité énorme destinée à recouvrir une robe pour le baptême de son fils Louis XIII. Un peu plus sur le sujet à voir là :

http://www.life-moule-perliere.org/perles-precieuses.php

La mulette filtrant l'eau, quelques vairons et à droite l'écrevisse à pieds blancs

La mulette filtrant l'eau, quelques vairons et à droite l'écrevisse à pieds blancs

J’ai installé dans le coin droit une Ecrevisse à pieds blancs qui est aussi une espèce emblématique en forte régression car elle est très exigeante sur la qualité et l’oxygénation des eaux. D’autre part, une vilaine concurrente, l’écrevisse du Pacifique lui fait un tort considérable ; cette dernière est pourchassée dans les cours d’eaux ou l’espèce à pieds blancs existe encore !

Le Chabot et la Lamproie de Planer font également partie de ces espèces témoignant de la pureté d’un cours d’eau. Dans les années 60 le Chabot (en bas et à gauche du poster) n’était pas rare et je connais un sarthois qui gamin les attirait en disposant dans le courant une boite de conserve vide, juste pour observer et relâcher ensuite ce drôle de petit poisson cavernicole.

Voilà pour finir l’original près du poster ; j’espère que ce dernier sera bien distribué et vu dans les écoles, les mairies et autres lieux publics ornais et pourquoi pas même plus loin !

Voilà pour finir l’original près du poster ; j’espère que ce dernier sera bien distribué et vu dans les écoles, les mairies et autres lieux publics ornais et pourquoi pas même plus loin !

Published by Claire Felloni - dans Illustration
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 15:49
Curiosités iconographiques 2016

Sous ce titre pompeux se cache une animation que je propose annuellement dans la Salle du Jardin des Plantes du Mans. Sur quelques thèmes que je choisis au préalable, nous exposons des livres du 19ème siècle ouverts sur des illustrations à thème botanique. Cette année j’avais prévu de montrer quelques grands arbres de nos parcs, et plusieurs petits secteurs d’une très longue table centrale montraient des capucines, des clématites et des bégonias.

Il est amusant de constater comme des modes ont eu cours sur quelques années et alors les ouvrages horticoles montrent des nombreuses estampes par exemple sur les capucines qui ensuite tombent un peu dans l’oubli…

La capucine tubéreuse dans le tome 5 de la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

La capucine tubéreuse dans le tome 5 de la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

Curiosités iconographiques 2016

Une double table était consacrée à des roses, une autre à des fruits divers car la pomologie est bien représentée dans la bibliothèque de la Société d’Horticulture de la Sarthe où j’arrive encore chaque année à faire quelques nouvelles découvertes. Enfin des tables le long d’un mur expliquent les techniques, depuis le bois gravé et la taille douce jusqu’à la lithographie et la chromolithographie et proposent au visiteur d’apprendre à reconnaître ces différents types d’estampes avec quelques exemples, quelques outils, un cuivre gravé et deux pierres lithographiques.

Curiosités iconographiques 2016

La bibliothèque compte surtout des lithographies car l’essentiel des ouvrages date de de 1850 à 1900. Cependant quelques belles pièces sont plus anciennes, illustrées de gravures en taille-douce. Certaines séries d’ouvrages comme la Flore des Jardins de l’Europe de Van Houtte (1845-1880), la Belgique Horticole (1851-1885) ou encore l’Illustration horticole (1854-1896), peuvent être consultées par internet et cela m’évite ainsi de trop manipuler ces vieux livres, mais pour la cinquantaine de volumes de La Revue horticole dont certains recèlent de très belles images, d’après des illustrateurs célèbres comme Alfred Riocreux, Paul de Longpré, Edouard Godard, il faut les consulter et je me fais un plaisir de le faire souvent !

Une chromolithographie de grand format, souvent des illustrations sont repliées dans l'ouvrage.

Une chromolithographie de grand format, souvent des illustrations sont repliées dans l'ouvrage.

Curiosités iconographiques 2016

L’intérêt, c’est aussi de montrer des astuces de mise en page propres au sujet botanique, jouant avec le noir et blanc et la couleur.

Curiosités iconographiques 2016

C’est aussi l’évolution dans la traduction de ces sujets, comme on peut le voir avec les deux roses que je montrais côte à côte (celle de gauche plus moderne dans sa touche, date de 1910). Dans l’ensemble les couleurs de ces impressions anciennes restent très lumineuses, certains bleus sont surprenants de vivacité mais toutes les nuances à base de magenta comme les mauves et les violets ne sont pas fidèles et je pense qu’elles ne se sont pas modifiées mais qu’on était incapables de les traduire à cette époque.

Published by Claire Felloni - dans Flore
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 19:07

L’Hellébore noir (Helleborus niger) ou Rose de Noël appartient à la famille des Renonculacées. Elle n’est reconnue comme indigène en France que dans quelques stations des Alpes du sud, et encore son statut de sauvage est discuté car depuis fort longtemps elle est cultivée d’abord pour des fins médicinales, ce qui ne perturbait pas son identité mais a pas mal contribué à sa raréfaction, puis pour son intérêt horticole, et alors, de multiples sélections et hybridations ont peut-être influé sur sa forme originelle. Bien qu’elle se nomme Rose de Noël, elle fleurit plutôt en février-mars et son habitat naturel serait une forêt claire, une hêtraie de l’étage alpin ou subalpin, sur des pentes de pierres calcaires. Peut-être la trouverait-on plus facilement en Europe centrale…

Hellébores

Cette plante n’est pas très haute, on peut dire qu’elle est acaule car les feuilles sont basales, il y a parfois une petite feuille bractéiforme sur la tige, mais le plus souvent la fleur est solitaire sur une tige simple. Les cultivars cherchent souvent à l’enrichir en fleurs sur sa tige et à l’agrandir en taille pour créer un effet de masse plus imposant. Par contre les fleurs de l’Hellébore noir sont naturellement de grande taille et une propension à rosir au revers des pétales et surtout en fin de floraison existe bel et bien dans ses stations montagnardes. Une couronne discrète de nectaires à la base des étamines, en forme de petits cornets plats d’un jaune-verdâtre, passe souvent inaperçue.

Les feuilles du genre Helleborus sont pédalées.Il s’agit d’une forme très particulière en lyre: le pétiole se divise d’abord en deux et chacune des ramifications donnent des folioles d’un seul côté, en éventail. Les folioles de notre Rose de Noël sont coriaces, brillantes et un peu dentées au bout et en dessous elles sont plus claires et mates.

Hellébores

Dans mon jardin j’ai un cultivar, Helleborus x Ericsmithii, qui avec le temps s’est un peu tassé au sol, mais les fleurs sont tout de même moins grandes, en petits bouquets et plus colorées et je vous joins pour finir une palette de couleurs pour les aquareller car ce cultivar me semble assez répandu dans les jardineries (ou d’autres qui sont assez proches d’aspect). On retrouve fréquemment les mêmes nuances : il ne faut pas hésiter à casser le magenta avec du vert d’un côté et de l’autre des verts plus ou moins lumineux avec une pointe de magenta ! dans le mouillé d'un pétale à la fois on peut faire fuser ses couleurs ( le vert tilleul 1 au milieu et du magenta sur les bords) et le résultat est forcément séduisant !

Hellébores
Published by Claire Felloni - dans Illustration
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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 14:54

Le moment est venu de vous révéler une partie de mon activité de 2015 sur laquelle je restais discrète jusque là.

Le printemps dernier, à plusieurs reprises je me suis rendue dans les douves sèches du château de Sourches qui sont devenues un écrin pour la magnifique collection de pivoines de Bénédicte de Foucaud, châtelaine et aussi une passionnée de ces fleurs généreuses que tout peintre de botanique rêve d’immortaliser ! Le Conservatoire de la pivoine du château de Sourches est né officiellement à la mi-Mai 2015 et il est d’ores et déjà la plus importante collection visible de ce genre puisque 1500 variétés y sont recensées. Il faut voir ce lieu entre avril et juin, c’est magique !

« Red Glory » est un hybride Paeonia officinalis x albiflora, (Auten, 1937). Elle est précoce, c’est la première que j’ai peinte.

Pivoines de Sourches
Bénédicte présente sa collection sur cette page : http://www.chateaudesourches.com/conservatoire-de-la-pivoine/

Les cinq aquarelles que j’ai peintes sont le début d’un inventaire de toutes ces belles variétés, inventaire qui fera surement appel à d’autres peintres à l’avenir, car l’entreprise est audacieuse. Nous avons veillé à proposer un éventail de couleurs différentes pour cette première série car, en attendant de pouvoir rassembler toutes ces peintures dans un ouvrage de référence dont rêve Bénédicte, ces aquarelles font déjà l’objet d’une édition à tirage limitée de prints de grande qualité, que je numéroterai et signerai. Vous pouvez déjà voir les estampes et les commander sur la boutique du site du château :

http://www.chateaudesourches.com/boutique/

L’imprimeur d’art qui réalise ces impressions garantit que leur qualité (papier, encres) est équivalente à une lithographie classique et un certificat d’authenticité accompagne leur envoi. Vous verrez sur cet article des images d’assez faible définition car il ne s’agit pas de concurrencer les prints !

 « Love affair » est un hybride Itoh récent ( Hybrideur : Hollingsworth, USA, 2005), la dernière variété que j’ai peinte fin mai car elle est plutôt tardive.

« Love affair » est un hybride Itoh récent ( Hybrideur : Hollingsworth, USA, 2005), la dernière variété que j’ai peinte fin mai car elle est plutôt tardive.

Montrer les nuances de couleurs, de formes, de feuillages de toutes ces variétés du seul et même genre Paeonia, voilà un pari qui m’intéresse grandement. Certaines de ses variétés sont des herbacées, d’autres des arbustives, d'autres encore sont des pivoines Itoh ou intersectionnelles provenant du croisement d’une pivoine herbacée avec une pivoine arbustive, ce qui lui donne des qualités particulières de solidité et de rusticité.

 « Madame de Galhau » est une pivoine herbacée, une Lactiflora, double. Obtenteur : Crousse, 1883

« Madame de Galhau » est une pivoine herbacée, une Lactiflora, double. Obtenteur : Crousse, 1883

« Néon » est aussi une Lactiflora . Obtenteur : Nicholls, 1941. On dit d’elle que les fleurs sont de forme japonaise : je suppose en raison du cœur formé de nombreuses étamines pétaloïdes qui le font ressembler à un chrysanthème…

« Néon » est aussi une Lactiflora . Obtenteur : Nicholls, 1941. On dit d’elle que les fleurs sont de forme japonaise : je suppose en raison du cœur formé de nombreuses étamines pétaloïdes qui le font ressembler à un chrysanthème…

 « Amber moon » est une pivoine arbustive hybride de Paeonia lutea.  Obtention de Saunders, USA, 1948.

« Amber moon » est une pivoine arbustive hybride de Paeonia lutea. Obtention de Saunders, USA, 1948.

Une page fixe « Pivoines de Sourches » sera disponible dans la colonne de gauche du blog avec un lien sur la boutique du château. Elle s’enrichira sans doute l’an prochain !
Et bien sûr, je vous souhaite à tous de passer de très belles fêtes de fin d'année!
Published by Claire Felloni - dans illustration
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:10
Etamines pétaloïdes du camélia
Etamines pétaloïdes du camélia

Pétaloïde est un adjectif qui peut qualifier beaucoup plus de pièces florales qu’on peut l’imaginer à priori !

La fleur classique en coupe de profil nous montre partant de la tige, des bractées, un calice formé de sépales, puis des pétales, parfois des nectaires puis des étamines et au sommet de cette pyramide le stigmate. Le terme de pyramide n’est pas faux mais valable seulement pour les fleurs évoluées pour lesquelles les fonctions des pièces florales sont bien différenciées avec des nombres constants. Pour beaucoup de fleurs plus primitives il vaudrait presque mieux parler d’une disposition en spirale. Cette disposition archaïque existe par exemple chez le magnolia, le camélia ; elle se caractérise par une certaine variabilité dans le nombre des pièces de chaque couronne et par la présence de pièces intermédiaires qu’on a du mal à nommer. Par exemple chez certains camélias le cœur s’enrichit d’étamines pétaloïdes sur la zone de passage entre les pétales et les étamines.

L'ancolie de profil
L'ancolie de profil

Chez les renonculacées, les sépales deviennent souvent pétaloïdes et donc ce que nous nommons pétales la plupart du temps, n’en sont pas vraiment. Les anémones, les clématites, sont dans ce cas : il y a passage direct d’un calice pétaloïde aux étamines et aux carpelles qui sont nombreux. Entre la couronne de ces tépales et les étamines, on voit parfois apparaître des nectaires comme chez les hellébores. Les renonculacées ont évolué ensuite stabilisant le nombre de leurs pièces florales et pour finir nous réservent des surprises ; voyez par exemple l’Ancolie qui possède un calice de 5 tépales pétaloïdes puis à l’intérieur 5 grands nectaires pétaloïdes avec un long éperon en crochet : il n’y a pas de vrais « pétales » dans l’Ancolie.

Pétaloïde

Voici ce que présente la fleur soulevée et vue de face.

Le périgone de 6 tépales du Lis
Le périgone de 6 tépales du Lis

Chez les Liliacées, la structure florale est très constante et basée sur le chiffre 3 ; on parle plutôt de tépales pétaloïdes que de pétales et ces 6 tépales forment un périgone. Cependant il existe souvent une petite différence visuelle entre les 3 tépales extérieurs plus étroits et pointus et les tépales intérieurs plus amples et parfois un peu plus colorés ou ondulés. Je le perçois bien chez les tulipes ou chez les lis.

Les bractées pétaloïdes du Bougainvillier
Les bractées pétaloïdes du Bougainvillier

Des bractées pétaloïdes sont très fréquentes également pour rendre attirantes des fleurs qui sans cela passeraient inaperçues par les insectes pollinisateurs. Regardez de plus près une fleur d’Hortensia, ou de Cornus des jardins et vous verrez au cœur un groupe serré de toutes petites fleurs très anodines ! C’est le cas aussi pour le Bougainvillier, ci-contre.

Le stigmate pétaloïde de l'Iris
Le stigmate pétaloïde de l'Iris

Le stigmate pétaloïde de l’Iris avec ses 3 grandes pièces recourbées élargies et à bordures ondulées jaillissant du cœur qui du coup se trouve bizarrement vide, est une curiosité également. Les étamines se trouvent cachées sous les styles. Sur cette petite recherche de couleur qui s’intéressait plutôt aux grands tépales chamarrés de violet, je vous ai fléché les trois pièces du stigmate.

Cet article fait partie d'une série "Mots de Bota" qui comporte déjà 21 articles! j'ai le plaisir de constater dans mes stats qu'un de ces articles est très souvent consulté: monoïque, dioïque.

Vous pouvez y accéder par la colonne de gauche dans les Catégories.

Published by Claire Felloni - dans Mots de Bota
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 11:43

Le Rutabaga (Brassica napus subsp. rapifera) est un légume-racine proche du Navet et du Radis. On le nomme parfois Chou-navet car il résulte en gros, d’un croisement entre le Chou (Brassica oleracea) et le Navet (Brassica rapa), mais ce croisement peut donner des résultats différents puisque Brassica napus, c’est aussi le Colza (Brassica napus subsp. napus), dont la racine n’est pas tubérisée.

Plus spécialement, le Rutabaga est le Chou-navet à chair jaune. Pourquoi ce légume était-il si consommé pendant l’occupation allemande ? J’ai trouvé sur le net une possibilité de réponse : peut-être parce qu’il n’était pas réquisitionné, les allemands le boudaient car ils en avaient eu vraiment trop dans leur gamelle durant la première guerre mondiale.

cliquez dessus pour mieux le voir !

cliquez dessus pour mieux le voir !

Sans à-priori sur ces souvenirs d’une autre époque, je n’ai pas encore eu l’occasion d’éprouver les vertus culinaires, ni les vertus médicinales du Rutabaga, qui sont prouvées !

Je n’ai pas cuisiné mon rutabaga pourtant d’agriculture biologique (encore merci à Cor), ni râpé cru, ni en purée ni en gratin, le croyant abîmé du fait que j’ai pris tout mon temps pour le peindre. En réalité, n’ayant pas de cave, je l’ai laissé longtemps dehors et il devenait un peu mou! Mais il paraît qu’il se conserve très bien au frais, deux mois en cave. Mes recherches m’ont appris qu’il s’agit d’un légume qui vient surtout des pays froids, de Scandinavie : son nom vient du suédois rotabagge. Il est d’abord signalé en Europe vers 1620 puis introduit vers 1806 au Canada où il connait un certain succès sous le nom de « navet de Suède » car sa culture se prêtait bien au climat.

Je l’ai trouvé beau à peindre, laissant se développer quelques petites feuilles bien fermes au centre du collet. Les grandes feuilles s’étaient flétries très vite ; j’avais fait le choix de les couper. La racine pivot de mon rutabaga présentait pas mal de racines adventices, c’était intéressant du point de vue graphique mais je crois que cela vient d’une terre un peu trop meuble, ou d’un climat trop doux…

La qualité du violet un peu froid du sommet de mon rutabaga, le contraste avec la base assez jaune me plaisaient bien.

La palette des mélanges utiles

La palette des mélanges utiles

Voici la palette des couleurs qui m’ont servies. A noter que le Magenta permanent de chez Winsor et Newton (PV 19), qui m’a servi dans plusieurs des mélanges est assez particulier, il ne faut pas le confondre avec le Magenta quinacridone (PR 122). Il réagit de façon très intéressante dans les mélanges, par exemple il fait de beaux gris en mélange avec le vert oxyde de chrome. Pour fabriquer une sorte d’équivalence de cette couleur il faudrait casser du Magenta quinacridone non avec du bleu mais plutôt avec un petit peu de Winsor green blue shade.

Published by Claire Felloni - dans Petites leçons
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 10:26
Les coupes sur la grenade
Les coupes sur la grenade

Je viens de terminer la planche consacré au grenadier que j’avais en commande. Mon commanditaire, Christian Z, que je remercie de sa confiance m’a permis de vous la montrer. Vous verrez que l’option que nous avons retenue est de montrer comment on ouvre une grenade pour la manger de la façon la plus judicieuse et Christian m’avait envoyé des liens sur des vidéos qui expliquaient comment il faut d’abord couper horizontalement sous la couronne de façon à faire apparaître les cloisonnements sur lesquels il est facile ensuite de partager le fruit:

https://www.youtube.com/watch?v=MfpbKRcE7nM

Mon sujet de second plan avant qu'il s'oxyde!
Mon sujet de second plan avant qu'il s'oxyde!

C’est donc ce que j’ai voulu montrer partiellement au second plan.

Dans le quartier qui figure devant, j’ai volontairement dégagé quelques grains car les cloisons en dessous sont nacrées et c’est dommage de n’avoir que la coupe nette qui ne peut les montrer. La grosse difficulté avec ces coupes est qu’elles s’oxydent très vite, c’est pourquoi il faut les dessiner et peindre en priorité et ne pas trop se laisser entraîner par cette oxydation sans toutefois la nier totalement car quelques détails structurels deviennent visibles grâce à elle !

Les couleurs sur les coupes commencent toujours avec le jaune de Naples, ensuite pour donner une texture je pose des glacis très légers avec le jaune transparent + le violet Winsor, plus ou moins additionné de terre de Sienne brûlée. C’est aussi ce premier mélange de deux complémentaires (jaune+violet) qui m’a servi pour les ombres portées sur le sol qui devaient rester discrètes mais étaient nécessaires vu le choix de mise en page « en situation » que j’avais choisi.

Couleur grenadine

Les grains de grenade ne sont pas intégralement carmin ; près de leur attache ils sont parfois gris rosés (vermillon français Sennelier cassé de bleu de cobalt) et l’Orange et le Vermillon français de Sennelier m’ont servi aussi sous la laque carminée (Sennelier aussi) qui donc arrive surtout en glacis sur ces grains dont il faut penser à préserver quelques arêtes en papier sec pour avoir une vraie brillance. Pour foncer encore ma laque carminée, par exemple pour détacher les grains sur mes coupes, je l’ai concentrée et j’ai ajouté un peu de sépia.

La fleur, vous en souvenez-vous ? Elle a fait l’objet d’un article du blog sur l’orange en général et celui de Sennelier en particulier:

http://www.aquarelle-bota-clairefelloni.com/2015/08/fleur-de-grenadier.html

La planche, un peu recadrée

La planche, un peu recadrée

La grenade entière est commencée en inondant toute la surface avec de l’eau légèrement teintée de rose puis du Cadmium yellow pale est posé en tournant autour du reflet. Je fais fuser ensuite dans l’humide des mélanges comme : Or quinacridone+Terre de sienne brûlée+Sépia ou encore : Or quinacridone+Rose permanent. Ensuite les glacis reprennent les mêmes mélanges plus la laque carminée. Le gris de Davy m’a servi un peu au niveau du calice.

Le symbolisme de ce fruit et les représentations peintes à travers l'histoire ne manquent pas et ceci fera sans doute l'objet d'un autre article!

Autre chose: le blog vient d'avoir 8 ans! N'oubliez pas qu'avec le petit moteur de recherche de la colonne de gauche vous pouvez retrouver pleins de choses dans les archives!

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